Pasteur d’Hermas
DossierPasteur d’Hermas 9
Nuances du texte source · restitution Déployée · Texte ancien versifié · S5 · statut canonique distinct
Le Pasteur commande à Hermas de garder la pureté et de ne pas nourrir dans son cœur le désir d’une autre femme ni aucune pensée sexuelle mauvaise. Se souvenir fidèlement de sa propre épouse le gardera de l’égarement.
Entretenir volontairement de telles pensées est déjà, dans la logique du texte, un péché grave ; passer à l’acte conduit à la mort spirituelle.
Là où demeure une conduite digne, l’injustice ne doit pas prendre possession du cœur.
Hermas demande alors ce qu’un mari doit faire s’il découvre que son épouse croyante commet l’adultère.
Tant qu’il l’ignore, répond le Pasteur, il n’est pas coupable. Mais s’il le sait, qu’elle refuse de se repentir et persiste dans l’adultère, continuer la vie commune le rend participant de son péché.
Il doit alors se séparer d’elle et demeurer seul ; s’il se remarie après l’avoir renvoyée, il est lui aussi qualifié d’adultère.
Hermas demande ce qu’il faut faire si l’épouse se repent ensuite et veut revenir.
Le Pasteur répond que le mari doit l’accueillir ; la refuser serait pour lui un grave péché. Il ajoute que, pour les serviteurs de Dieu, la repentance n’est pas indéfiniment répétable : « la repentance est une » ; la même règle vaut pour l’homme comme pour la femme.
L’adultère désigne ensuite aussi d’autres formes de compromission avec les pratiques païennes : persister sans repentance impose aussi de prendre ses distances.
Cette séparation vise précisément à laisser ouverte la possibilité du repentir.
Le Pasteur précise qu’il ne cherche pas à encourager la faute, mais à empêcher qu’elle continue ; Dieu seul peut guérir le péché déjà commis.
Hermas demande encore des éclaircissements, reconnaissant son manque d’intelligence.
Le Pasteur répond que la repentance est déjà une grande intelligence : reconnaître le mal commis, le porter dans son cœur, cesser de le faire, pratiquer abondamment le bien, s’humilier et prendre au sérieux sa faute.
Hermas explique qu’il veut connaître les œuvres qui conduisent à la vie, car ses fautes sont nombreuses.
Le Pasteur lui répond : garder les commandements et marcher en eux conduit à la vie.
Hermas rapporte avoir entendu certains maîtres dire qu’il n’existe pas d’autre repentance que celle liée au baptême, lorsque les péchés antérieurs sont remis.
Le Pasteur confirme que tel est l’idéal : celui qui a reçu le pardon ne devrait plus pécher, mais vivre dans la pureté.
Il explique toutefois qu’en raison de la faiblesse humaine, le Seigneur a accordé aux croyants déjà appelés une possibilité de repentance et a confié au Pasteur cette mission.
Après cet appel, celui qui tombe sous l’épreuve dispose d’« une repentance » ; mais vivre dans un cycle permanent de faute et de repentir est présenté comme spirituellement ruineux.
Hermas se sent rendu à la vie par cet enseignement ; le Pasteur l’assure que ceux qui agissent ainsi seront sauvés.
Hermas demande enfin si un veuf ou une veuve pèche en se remariant.
Le Pasteur répond que non ; demeurer seul peut être tenu pour plus honorable, mais le remariage n’est pas un péché.
Il conclut : garde pureté et dignité ; le pardon des fautes passées est offert à ceux qui gardent ces commandements et marchent désormais dans cette pureté.