Pasteur d’Hermas
DossierPasteur d’Hermas 1
Reformulation contrôlée · restitution Paraphrase · Texte ancien versifié · S5 · statut canonique distinct
Hermas raconte qu’il avait autrefois appartenu à la maison d’une femme nommée Rhoda à Rome. Bien plus tard, lorsqu’il la retrouva, son attachement envers elle fut celui qu’il voulait considérer comme fraternel.
Un jour pourtant, après l’avoir aidée à sortir du Tibre, il se surprit à imaginer ce que serait une épouse aussi belle et aussi digne. Il assure n’avoir nourri aucune autre pensée.
Plus tard, pendant un voyage, sa contemplation des œuvres de Dieu l’entraîne dans une expérience visionnaire : il est conduit à travers un paysage impossible, franchit une rivière, puis se met à prier et à confesser ses fautes.
Rhoda apparaît alors dans le ciel. Elle ne l’accuse pas d’un acte commis, mais révèle que Dieu prend au sérieux ce qui s’est passé dans son cœur.
Hermas proteste : il l’a toujours respectée. La réponse est exigeante : pour quelqu’un qui veut vivre dans la justice, la vie intérieure compte aussi. Le danger n’est pas seulement le désir sexuel ; c’est toute une manière de s’attacher au monde présent, à la richesse et à ce qui fait oublier l’avenir de Dieu. Pourtant la scène se termine par une promesse : prie, et Dieu peut guérir.
Hermas reste bouleversé. Une seconde figure, une vieille femme portant un livre, apparaît. Elle confirme qu’il n’a pas commis l’acte redouté, mais que la pensée mérite d’être prise au sérieux, précisément parce qu’Hermas veut vivre dans la maîtrise de lui-même, la simplicité et l’innocence.
Le véritable reproche s’élargit alors : Hermas a été trop indulgent envers sa propre famille. Aimer ses enfants n’exclut pas de les reprendre lorsqu’ils se détruisent eux-mêmes. Son laisser-faire a eu des conséquences spirituelles et même matérielles.
Pourtant la compassion de Dieu demeure. Hermas doit reprendre courage et recommencer patiemment. Comme un forgeron forme le métal par des coups répétés, une parole juste, donnée chaque jour, peut peu à peu redresser une maison. La repentance sincère reste possible.
La femme lit ensuite un message immense qu’Hermas ne peut retenir entièrement. Il ne garde que la fin : le Dieu créateur ordonne le monde, donne beauté à la création, bâtit son Église et prépare pour ses élus un passage vers l’accomplissement de sa promesse.
La femme est alors emportée vers l’orient. Hermas reconnaît que certaines paroles étaient dures, d’autres réconfortantes. La femme lui apprend que le jugement et la promesse doivent être entendus ensemble, puis elle disparaît en lui laissant un dernier mot : « Courage. »