Joseph et Aséneth
DossierJoseph et Aséneth 4
Lecture publique et écoute · restitution Proclamation · Texte ancien versifié · S5 · statut canonique distinct
Aséneth se hâta. Elle descendit de sa chambre haute, vint vers son père et sa mère et les embrassa.
Grande fut leur joie : leur fille se tenait devant eux, parée comme l’épouse d’un dieu.
Ils lui donnèrent tout ce qu’ils avaient rapporté du domaine.
Fruits mûrs, grappes, dattes, figues — [colombes et grenades] : Aséneth se réjouit de tout cela.
Pentéphrès dit : « Mon enfant ! » — « Me voici, mon seigneur. » — « Assieds-toi entre nous. J’ai à te parler. »
Elle s’assit entre son père et sa mère.
Son père prit sa main droite : « Mon enfant ! » — « Que mon seigneur et mon père parle ! »
« Joseph vient aujourd’hui. Joseph, le puissant de Dieu ! Pharaon l’a établi sur toute l’Égypte. Il donne le grain au pays ; il le sauve de la famine qui approche.
Il craint Dieu. Il est chaste, vierge comme toi. Puissant en sagesse et en connaissance. L’Esprit de Dieu est sur lui ; la grâce du Seigneur est avec lui.
Viens donc, ma fille : je te donnerai à lui. Tu seras son épouse ; il sera ton époux pour toujours. »
Une sueur rouge couvrit Aséneth. La colère monta. Elle regarda son père de côté :
« Me livrerais-tu comme une captive ? À un étranger ? Un fugitif ? Un homme vendu ?
Le fils d’un berger de Canaan ? Celui qu’on a abandonné ?
Celui qui aurait couché avec sa maîtresse, qu’on a jeté dans une prison obscure, puis que Pharaon a libéré parce qu’il avait interprété son rêve ?
Non ! J’épouserai le premier-né du roi : lui est roi de toute la terre ! »
Pentéphrès entendit. Devant l’orgueil et la colère de sa fille, il n’osa plus parler de Joseph.