Joseph et Aséneth
DossierJoseph et Aséneth 4
Lecture personnelle fluide · restitution Lecture · Texte ancien versifié · S5 · statut canonique distinct
Aséneth descendit rapidement de ses appartements, rejoignit son père et sa mère et les embrassa.
Pentéphrès et son épouse furent remplis de joie en voyant leur fille somptueusement parée, telle une épouse vouée à un dieu.
Ils lui offrirent tout ce qu’ils avaient rapporté de leur domaine.
Aséneth se réjouit de ces présents : fruits mûrs, grappes de raisin, dattes, figues et, dans les éléments signalés par l’édition, colombes et grenades ; tout était remarquable.
Pentéphrès l’appela : « Mon enfant. » — « Me voici, mon seigneur. » — « Assieds-toi entre nous ; j’ai quelque chose à te dire. »
Elle prit place entre son père et sa mère.
Son père saisit sa main droite dans la sienne : « Mon enfant. » Aséneth répondit : « Que mon seigneur et mon père parle. »
« Joseph, le puissant de Dieu, vient chez nous aujourd’hui. Il est le gouverneur de toute l’Égypte : Pharaon l’a établi sur le pays. Il distribue le grain à toute la région et la préserve de la famine qui approche.
C’est un homme qui craint Dieu, chaste et vierge comme toi. Il est plein de sagesse et de connaissance ; l’Esprit de Dieu repose sur lui et la grâce du Seigneur l’accompagne.
Viens donc, ma fille : je veux te donner à lui pour femme. Tu seras son épouse et il sera ton époux pour toujours. »
Dès qu’elle entendit son père, Aséneth fut envahie par une sueur rouge et par une colère violente. Elle le regarda de travers :
« Pourquoi mon père me parle-t-il de cette manière ? Veut-il me livrer comme une captive à un étranger, un fugitif, un homme qui a été vendu ?
N’est-ce pas le fils d’un berger de Canaan, abandonné par les siens ?
N’est-ce pas l’homme qui a couché avec sa maîtresse, puis a été jeté par son maître dans une prison obscure, avant que Pharaon ne le fasse sortir parce qu’il avait expliqué son rêve ?
Non. J’épouserai le fils aîné du roi, car c’est lui qui est roi de toute la terre. »
Pentéphrès, devant cette réponse orgueilleuse et irritée, se sentit trop gêné pour continuer à lui parler de Joseph.