Joseph et Aséneth
DossierJoseph et Aséneth 13
Lecture personnelle fluide · restitution Lecture · Texte ancien versifié · S5 · statut canonique distinct
« Seigneur, regarde ma solitude : c’est auprès de toi que je suis venue chercher refuge.
J’ai quitté ma robe royale brodée d’or pour prendre une tunique noire.
J’ai détaché ma ceinture d’or et je me suis entourée d’une corde et d’un vêtement de deuil.
J’ai jeté loin de moi le diadème que je portais sur la tête et je me suis couverte de cendre.
Le sol de ma chambre, autrefois orné de pierres précieuses, de pourpre et de parfums, est maintenant trempé de mes larmes et recouvert de poussière et de cendre.
Mes larmes se sont mêlées à la cendre jusqu’à former dans ma chambre une boue épaisse, comme sur une rue après la pluie.
J’ai même jeté aux chiens le repas royal et les mets qui m’étaient préparés.
Voilà sept jours et sept nuits que je ne mange plus de pain et que je ne bois plus d’eau. Ma bouche est desséchée, ma langue durcie, mes lèvres fendillées comme un tesson ; mon visage s’est creusé et mes yeux n’en peuvent plus de pleurer.
Seigneur, pardonne-moi pourtant. J’ai péché contre toi sans savoir ce que je faisais et j’ai parlé avec mépris de Joseph, mon seigneur.
Je ne savais pas qu’il était ton fils. On m’avait seulement dit qu’il était le fils d’un berger de Canaan. Je les ai crus et je me suis laissée tromper ; j’ai méprisé celui que tu as choisi et j’ai parlé contre lui sans comprendre qui il était pour toi.
Quel homme pourrait avoir un fils d’une telle beauté ? Qui possède une sagesse et une force semblables à celles de Joseph ? Je te le remets, mon Seigneur, car je l’aime plus que ma propre vie.
Garde-le dans la sagesse que donne ta grâce, et si tu le veux, place-moi auprès de lui comme une servante : je laverai ses pieds, je prendrai soin de lui et je le servirai durant toute ma vie. »