Joseph et Aséneth
DossierJoseph et Aséneth 12
Lecture personnelle fluide · restitution Lecture · Texte ancien versifié · S5 · statut canonique distinct
Aséneth tendit les mains vers l’orient, leva les yeux au ciel et commença à prier :
« Seigneur, Dieu de tous les âges, tu donnes à chaque être le souffle qui fait vivre. Tu fais paraître dans la lumière ce qui était invisible ; tu as créé toutes choses et rendu manifeste ce qui ne se voyait pas.
Tu as dressé le ciel, établi la terre sur les eaux et affermi les grandes pierres au-dessus de l’abîme, afin qu’elles demeurent et accomplissent jusqu’au bout ce que tu veux.
Seigneur mon Dieu, je crie vers toi : écoute ma prière. Je veux te confesser mes péchés et mettre devant toi toutes mes transgressions.
Oui, Seigneur, j’ai péché. J’ai mal agi, je me suis détournée de toi et j’ai prononcé devant toi des paroles mauvaises. Ma bouche a été souillée par les sacrifices aux idoles et par les repas pris à la table des dieux d’Égypte.
J’ai péché devant toi en honorant des idoles mortes et muettes. Je suis misérable et je ne me crois même pas digne d’ouvrir la bouche pour te parler.
Moi, la fille de Pentéphrès le prêtre, moi qui ai été fière et hautaine, je viens pourtant à toi. Je te présente ma prière et je t’appelle : délivre-moi de ceux qui me poursuivent. Je me réfugie auprès de toi comme un enfant se jette vers son père et sa mère.
Étends donc tes mains vers moi comme un père plein de tendresse et arrache-moi à la main de l’ennemi.
Un vieux lion sauvage me poursuit. Ses petits sont les dieux d’Égypte que j’ai rejetés et détruits ; et leur père, le diable, cherche maintenant à me dévorer.
Seigneur, arrache-moi à ses mains et à sa gueule. Ne le laisse pas me saisir comme un loup, me mettre en pièces, me jeter dans l’abîme de feu ou dans la tourmente de la mer, ni livrer ma vie au grand monstre des profondeurs.
Sauve-moi, Seigneur, car je suis seule. Mon père et ma mère m’ont rejetée depuis que j’ai brisé leurs dieux. Je n’ai plus d’autre espérance que toi : tu es le père des orphelins, celui qui défend les persécutés et vient en aide à ceux qui sont écrasés.
Les richesses de mon père Pentéphrès ne durent qu’un temps et finiront par disparaître ; ce que tu donnes en héritage, Seigneur, ne se corrompt pas et demeure pour toujours. »