Joseph et Aséneth
DossierJoseph et Aséneth 12
Lecture publique et écoute · restitution Proclamation · Texte ancien versifié · S5 · statut canonique distinct
Aséneth étendit les mains vers l’orient, leva les yeux vers le ciel et dit :
« Seigneur, Dieu des siècles ! Toi qui donnes à tous le souffle de vie, qui conduis l’invisible à la lumière, qui fais toutes choses et révèles ce qui était caché !
Toi qui as élevé le ciel, fondé la terre sur les eaux, affermi les grandes pierres au-dessus de l’abîme — elles ne sombrent pas, elles accomplissent ta volonté jusqu’à la fin !
Seigneur mon Dieu, vers toi je crie : écoute ma supplication ! Je te confesserai mes péchés, je mettrai devant toi mes fautes.
J’ai péché, Seigneur, j’ai péché ! J’ai commis l’iniquité, j’ai agi sans piété, j’ai parlé mal devant toi. Ma bouche est souillée par les sacrifices aux idoles, par la table des dieux d’Égypte.
J’ai péché devant toi ! J’ai vénéré des idoles mortes et sourdes. Moi, la misérable, je ne suis pas digne d’ouvrir la bouche devant toi.
J’ai péché devant toi, moi, fille de Pentéphrès le prêtre, fière et hautaine. Pourtant, Seigneur, je viens à toi ; vers toi je crie : délivre-moi de ceux qui me poursuivent ! Je cours vers toi comme l’enfant vers son père, vers sa mère.
Étends tes mains vers moi, Seigneur, comme un père qui aime ses enfants ; arrache-moi de la main de l’ennemi !
Voici, l’ancien lion sauvage me poursuit. Ses petits sont les dieux des Égyptiens : je les ai rejetés, je les ai détruits. Leur père, le diable, veut m’engloutir.
Mais toi, Seigneur, délivre-moi de ses mains ! Retire-moi de sa gueule ! Qu’il ne me saisisse pas comme un loup, qu’il ne me déchire pas, qu’il ne me jette ni dans l’abîme de feu ni dans la tempête de la mer ; que le grand monstre marin ne m’engloutisse pas !
Sauve-moi, Seigneur, moi qui suis abandonnée ! Mon père et ma mère m’ont reniée parce que j’ai brisé leurs dieux. Me voici orpheline, seule. Je n’ai d’autre espérance que toi : tu es le père des orphelins, le défenseur des persécutés, le secours des affligés.
Les biens de mon père Pentéphrès passent et disparaissent ; les dons de ton héritage, Seigneur, sont incorruptibles et éternels. »