Épître de Barnabé
DossierÉpître de Barnabé 16
Nuances du texte source · restitution Déployée · Texte ancien versifié · S5 · statut canonique distinct
Barnabé déplace radicalement la notion de Temple.
Son argument polémique affirme que la confiance placée dans l’édifice de Jérusalem est une erreur comparable, dans sa logique, aux pratiques des nations : Dieu ne peut être enfermé dans une construction puisque le ciel est son trône et la terre son marchepied.
Il rattache ensuite la destruction du Temple et de la ville à des annonces prophétiques.
Le passage semble réfléchir à une situation historique où le sanctuaire a été détruit par la guerre et où une reconstruction ou réoccupation est envisagée sous puissance étrangère.
Il faut distinguer cette interprétation chrétienne antique de l’histoire complexe du judaïsme et du Temple après 70.
Le mouvement devient ensuite positif : Barnabé reconnaît un Temple de Dieu, mais ce Temple est celui que Dieu construit lui-même.
Il l’identifie à l’être humain renouvelé. Le cœur, auparavant corruptible et livré à l’idolâtrie, §8 est recréé par le pardon et l’espérance placée dans le Nom ; Dieu y habite réellement.
Cette demeure est structurée par la parole de foi, l’appel de la promesse, la sagesse des prescriptions et les commandements de l’enseignement. Dieu y prophétise et y habite ; la « porte du Temple », identifiée à la bouche, s’ouvre à ceux qui étaient esclaves de la mort, et la repentance les introduit dans un sanctuaire incorruptible.
Le salut consiste alors à discerner, au-delà du messager humain, celui qui demeure et parle en lui. Barnabé passe ainsi de la polémique contre l’édifice à une théologie du Temple intérieur et communautaire.