Épître de Barnabé
DossierÉpître de Barnabé 10
Lecture publique et écoute · restitution Proclamation · Texte ancien versifié · S5 · statut canonique distinct
« Ne mangez ni porc, ni aigle, ni rapace, ni corbeau, ni poisson sans écailles. » Barnabé répond : cherchez plus loin que la nourriture !
Moïse, dit-il, parlait en esprit.
Le porc ? L’homme qui oublie Dieu quand tout va bien, puis crie vers lui quand il manque de tout.
L’aigle, le milan, le corbeau ? Ceux qui ne travaillent pas, mais guettent ce qu’ils pourront arracher aux autres.
Les créatures des profondeurs ? Pour Barnabé, l’image de ceux qui s’enferment dans l’impiété.
Le lièvre ? Il devient avertissement contre l’exploitation des enfants — à partir d’une croyance zoologique antique.
La hyène ? Image de l’adultère et de la corruption — là encore selon une croyance ancienne sur son sexe.
La belette ? Une autre image sexuelle fondée sur une zoologie antique.
Ainsi, dit Barnabé, Moïse ne parlait pas seulement de nourriture : il donnait des enseignements pour la conduite.
Même le premier psaume devient pour lui une ménagerie morale : poissons des ténèbres, porc oublieux, oiseaux qui guettent leur proie.
Et les animaux permis ? Ruminer : reprendre sans cesse la parole, la méditer, se souvenir de celui qui nourrit. Sabot fendu : marcher ici tout en attendant le monde saint.
Voilà, conclut Barnabé, pourquoi il faut des oreilles et un cœur circoncis : pour entendre derrière la lettre l’enseignement qu’il attribue au Seigneur.