Artapan
DossierArtapan 3
Reformulation contrôlée · restitution Paraphrase · Texte ancien versifié · S5 · statut canonique distinct
Artapan transforme Moïse en grand héros culturel de l’Égypte. Adopté par Merris, fille du roi, il devient pour les Grecs Musée, maître d’Orphée, inventeur de techniques, organisateur du pays et des cultes, fondateur de savoirs et interprète des écritures sacrées. Sa réussite est telle que le peuple l’admire et que les prêtres lui donnent le nom d’Hermès.
Cette popularité menace Chenephrès. Il envoie donc Moïse dans une guerre qu’il espère fatale, mais le piège se retourne : Moïse remporte la campagne, fonde Hermopolis et gagne même l’estime des Éthiopiens. Artapan va jusqu’à faire de lui celui qui leur transmet la circoncision.
Chenephrès essaie alors de reprendre le contrôle du prestige de Moïse : il disperse ses hommes, réorganise les temples, récupère certaines de ses idées et prépare son assassinat. Le projet se mêle aux funérailles de Merris, mais Moïse est averti ; il accomplit l’inhumation et fait de son nom l’origine de Méroé.
Moïse doit finalement fuir. Il tue l’homme envoyé pour l’assassiner, trouve refuge en Arabie, épouse la fille de Ragouël et refuse qu’une guerre soit menée en son nom contre l’Égypte. Le récit fait ensuite de la maladie mortelle de Chenephrès une rétribution de l’humiliation qu’il avait imposée aux Juifs.
Quand Moïse prie pour que la souffrance de son peuple cesse, un feu miraculeux apparaît sans combustible. Une voix divine lui donne alors sa mission : retourner en Égypte, délivrer les Juifs et les ramener vers la patrie de leurs ancêtres. Devant le roi, Moïse parle au nom du Maître du monde.
La prison ne peut le retenir. Les portes s’ouvrent, les gardes sont neutralisés, et Moïse parvient jusqu’au roi. Le nom divin, murmuré à son oreille, le terrasse ; le signe du bâton transformé en serpent confirme ensuite la puissance dont Moïse se réclame.
Commence alors une longue lutte de prodiges. Le Nil déborde puis devient impropre à la vie ; les prêtres essaient de rivaliser par leurs enchantements, mais d’autres fléaux suivent : plaies, créature ailée, grenouilles, sauterelles et moucherons. Artapan explique même par ces événements certains cultes égyptiens liés au bâton et à Isis.
Grêle et séismes brisent finalement la résistance du roi. Les Juifs quittent l’Égypte avec de nombreux biens reçus des habitants et atteignent rapidement la mer Rouge.
Artapan conserve deux manières de raconter la traversée : l’une l’explique par la connaissance du reflux, l’autre par l’ouverture miraculeuse de la mer après l’ordre de Dieu. Dans cette seconde version, feu et eaux anéantissent les poursuivants. Le peuple passe ensuite quarante ans au désert sous la nourriture de Dieu ; Moïse, déjà âgé, est décrit comme un homme grand, roux, grisonnant, chevelu et impressionnant.