Identification
Le Testament de Moïse est un écrit pseudépigraphique placé à la fin de la vie de Moïse et adressé dans son cadre littéraire à Josué. La tradition moderne le rapproche parfois de l’Assomption de Moïse, mais l’identification exacte entre les titres anciens et le texte conservé doit être maniée avec prudence.
Datation
La datation et la composition ont fait l’objet de débats prolongés. Le document est généralement étudié dans le contexte du judaïsme de la fin du Second Temple ou du début de l’époque romaine, mais les arguments de datation dépendent de la lecture des séquences historiques et de leur rédaction.
Langue et transmission
Le texte conservé repose sur un témoin latin lacunaire. Un original sémitique est généralement supposé ; les chercheurs ont défendu l’hébreu ou l’araméen, sans que la question puisse être résolue avec certitude à partir des seules données conservées.
Manuscrits et témoins
Le caractère lacunaire du témoin latin est une donnée fondamentale. Les absences matérielles sont conservées dans le chantier Savoy et aucune conjecture silencieuse n’est introduite pour produire un texte artificiellement continu.
Contenu et structure
La division Savoy comporte douze chapitres et 134 unités de travail. Le discours attribué à Moïse déroule une vision de l’histoire, des crises, des impiétés, des persécutions et de l’intervention finale de Dieu. L’ouvrage combine ainsi testament, exhortation et schéma apocalyptique.
Contexte historique
Le texte participe aux relectures de Moïse et de l’histoire d’Israël propres au judaïsme ancien. Les identifications des acteurs et régimes évoqués dans ses tableaux historiques constituent des reconstructions exégétiques ; elles doivent être argumentées plutôt qu’intégrées directement au texte.
Réception
La relation entre Testament et Assomption de Moïse, ainsi que les échos possibles de traditions mosaïques dans d’autres littératures anciennes, ont fortement orienté la recherche. Le texte demeure cependant fragmentaire et ne permet pas de reconstituer avec certitude la fin perdue.
Bibliographie
La base Savoy utilise l’Online Critical Pseudepigrapha. Les travaux de R. H. Charles, E.-M. Laperrousaz et les études de composition du chapitre 10 fournissent des repères pour le texte latin, l’origine sémitique possible et les questions de rédaction.
Limites et incertitudes
Le début ou la fin du texte, la langue originale précise, l’unité rédactionnelle et le rapport avec une « Assomption » distincte restent discutés. Toute reconstruction doit donc rester explicitement séparée du témoin latin.