Origines, critères d’identité, réveils, autorité biblique, conversion, croix, mission et diversité du mouvement évangélique mondial.
Un mouvement transversal
L’évangélisme n’est pas une Église unique mais un ensemble de mouvements, dénominations et réseaux présents dans plusieurs familles protestantes. Il se reconnaît souvent par l’importance accordée à la Bible, à la conversion personnelle, à la croix du Christ et à l’évangélisation.
Racines historiques
Ses racines passent par la Réforme, le piétisme, le puritanisme et les réveils des XVIIIe et XIXe siècles. Le mot évangélique possède toutefois des usages différents selon les langues et les pays.
Alliance et coopération
L’Alliance évangélique fondée au XIXe siècle constitue une étape importante de coopération transdénominationnelle. Au XXe siècle, de nouveaux réseaux mondiaux ont renforcé les échanges entre responsables, missions et Églises.
Diversité interne
Baptistes, Églises libres, pentecôtistes, charismatiques, anglicans évangéliques, réformés évangéliques et mouvements non dénominationnels peuvent partager une identité évangélique tout en divergeant sur baptême, dons spirituels, gouvernement de l’Église ou eschatologie.
Méthode encyclopédique
Il faut éviter de confondre évangélique, fondamentaliste, pentecôtiste et protestant. Les recouvrements sont réels, mais ces catégories ont des histoires et des frontières distinctes.
Critères d’identification
Les historiens utilisent souvent des critères tels que conversion, activisme missionnaire, centralité de la croix et forte confiance dans la Bible pour décrire une famille évangélique. Ces critères sont analytiques et ne remplacent pas l’auto-identification des Églises. Dans certains pays, le mot evangelical est simplement la traduction traditionnelle de protestant, notamment dans des noms luthériens ; ailleurs il désigne un courant plus précis. La classification doit donc croiser vocabulaire, histoire et affiliation institutionnelle.
Évangélisme et fondamentalisme
Le fondamentalisme du début du XXe siècle partage plusieurs convictions avec l’évangélisme mais développe souvent une posture séparatiste plus marquée. Après la Seconde Guerre mondiale, des responsables qualifiés de néo-évangéliques cherchent une coopération intellectuelle, missionnaire et sociale plus large. Les frontières restent poreuses et les termes sont parfois employés comme accusations. Une encyclopédie doit les traiter historiquement et non comme synonymes.
Centre de gravité mondial
L’évangélisme contemporain ne peut être compris seulement depuis les États-Unis. Les réveils, missions, migrations et christianismes locaux ont produit des mouvements puissants en Afrique, Amérique latine, Asie et Pacifique. Des théologiens et responsables du Sud global ont aussi contesté des modèles occidentaux de mission ou de théologie. Cette pluralisation transforme les débats sur culture, pauvreté, spiritualité, politique et formes d’Église.
Autorité biblique et herméneutiques
La haute estime de la Bible constitue un trait évangélique majeur, mais elle ne produit pas une herméneutique unique. Inerrance, inspiration, genre littéraire, interprétation historique et application éthique font l’objet de débats internes. Des institutions théologiques évangéliques peuvent adopter des méthodes historico-critiques, tandis que d’autres les rejettent partiellement. Les désaccords sur création, rôles hommes-femmes, eschatologie ou éthique montrent qu’une conviction commune sur l’autorité biblique ne suffit pas à déterminer toutes les conclusions exégétiques.
Cartographier sans caricaturer
Pour cartographier l’évangélisme, l’auto-identification, l’appartenance à une alliance, les confessions de foi et les pratiques institutionnelles valent davantage qu’un simple vocabulaire. Le mot évangélique dans le nom d’une Église luthérienne européenne, par exemple, n’indique pas nécessairement l’appartenance au mouvement evangelical moderne. À l’inverse, certaines Églises clairement évangéliques n’emploient jamais ce mot dans leur nom.