Identification
3 Baruch, ou Apocalypse grecque de Baruch, est distinct du livre biblique de Baruch et de 2 Baruch, l’Apocalypse syriaque. Le narrateur parle à la première personne sous le nom de Baruch, mais cette mise en scène pseudépigraphique ne démontre pas une rédaction par le compagnon historique de Jérémie.
Datation
Le dossier Savoy ne fixe pas encore une date unique. La forme grecque conservée contient des éléments explicitement chrétiens, dont une mention de Jésus Christ en 4,15, tandis que d’autres motifs peuvent appartenir à des traditions antérieures. La possibilité de plusieurs étapes rédactionnelles doit donc rester ouverte.
Langue et transmission
Le texte est connu par une tradition grecque et par une tradition slavonne. La base numérique Savoy repose sur la transcription OCP attribuée à l’édition de Picard. L’absence d’un appareil grec complet dans cette ressource impose de distinguer transcription utilisable et édition critique exhaustive.
Manuscrits et témoins
La notice OCP signale notamment British Museum Add. 10073 et le témoin du monastère de la Hagia 46 à Andros. Les données slavonnes constituent un axe de contrôle distinct. Une nouvelle collation des manuscrits n’a pas été effectuée dans le chantier Savoy actuel.
Contenu et structure
Les dix-sept chapitres conduisent de la lamentation et de la vision d’une tour aux représentations de l’Hadès, de la vigne, du soleil, du phénix et de la lune, puis aux justes, aux supplications et au retour du voyant. L’ensemble articule curiosité cosmique et exhortation morale.
Contexte historique
3 Baruch appartient à l’histoire des apocalypses anciennes où destruction de Jérusalem, justice divine et architecture céleste se répondent. Sa cosmologie doit être décrite à partir du texte transmis, sans imposer un schéma uniforme du nombre de cieux lorsqu’il demeure discuté.
Réception
La double transmission grecque et slavonne montre une histoire propre qui ne doit pas être confondue avec celle de 2 Baruch. Son intérêt est documentaire et historique ; il ne reçoit aucun statut canonique supplémentaire du fait de sa présence dans le lecteur Savoy.
Bibliographie
Le dossier de travail s’appuie sur l’Online Critical Pseudepigrapha, J.-C. Picard, D. C. Harlow et Alexander Kulik. Les études sur la cosmologie apocalyptique fournissent un cadre comparatif, mais ne remplacent pas l’analyse du texte grec et de la tradition slavonne.
Limites et incertitudes
La date, l’histoire rédactionnelle, le rapport entre composantes juives et chrétiennes et la reconstruction d’un éventuel état antérieur demeurent ouverts. Aucune « forme juive originale » n’est présentée ici comme certaine.