Textes, témoins et transmission

2 Baruch

Apocalypse pseudépigraphe attribuée à Baruch, élaborant une réponse juive à la destruction de Jérusalem autour de la justice divine, du temps messianique et de la résurrection.

Auteur : Pierre-Alain SavoyRévision : 2026-09-28Statut : documented465 mots

Encyclopédie ≠ source primaire. Cette page décrit le texte, sa transmission, son contexte et sa réception. Le texte primaire lui-même appartient au pilier Sources et reste conservé séparément.

2 BaruchObjet primaire relié · texte conservé dans le pilier Sources
Lire la source →

Identification

2 Baruch, ou Apocalypse syriaque de Baruch, appartient au groupe des pseudépigraphes attribués au secrétaire de Jérémie. L’ouvrage met en scène Baruch devant la catastrophe de Jérusalem et utilise ce cadre ancien pour traiter des questions de justice divine, de fidélité, de responsabilité humaine, de messianisme et de résurrection.

Datation

Le cadre narratif renvoie à la chute du premier Temple, mais l’œuvre est généralement étudiée en relation avec la destruction de Jérusalem et du second Temple en 70 de notre ère. Une composition postérieure à 70 est donc le repère historique le plus solide ; resserrer davantage la date exige des arguments section par section et ne doit pas être présenté comme un consensus absolu.

Langue et transmission

Le texte complet est principalement conservé en syriaque. L’introduction Savoy parle d’un original probablement sémitique ; l’identification précise de cette langue doit rester distinguée de la langue du témoin complet. Des fragments et traditions dans d’autres langues, ainsi que la circulation indépendante de la lettre finale, montrent une histoire de transmission plus complexe qu’un unique manuscrit continu.

Manuscrits et témoins

La tradition syriaque constitue le principal accès au texte complet. Des fragments syriaques ont également été repérés dans des lectionnaires de l’Église jacobite. Pour l’établissement critique, ces témoins, les fragments dans d’autres langues et la transmission de la lettre finale doivent être examinés séparément.

Contenu et structure

La numérotation usuelle compte quatre-vingt-sept chapitres, en incluant la lettre finale transmise avec l’œuvre. Le livre associe lamentation, dialogue, interprétation de l’histoire, visions symboliques, attente messianique, jugement et résurrection. La structure reçue ne prouve pas que toutes les sections aient la même histoire rédactionnelle.

Contexte historique

2 Baruch appartient au vaste ensemble de réponses juives à la destruction de Jérusalem. Comme 4 Esdras, il déplace la catastrophe dans un passé pseudépigraphique afin de réfléchir à une crise contemporaine du milieu de composition. Ce procédé ne permet toutefois pas d’identifier mécaniquement chaque détail narratif avec un événement du Ier siècle.

Réception

Le texte a connu une transmission syriaque durable et appartient aujourd’hui au corpus majeur des pseudépigraphes juifs étudiés pour le judaïsme postérieur à 70. Son importance historique n’implique pas un statut canonique universel. Dans Savoy, le texte primaire et le dossier encyclopédique demeurent deux objets distincts.

Bibliographie

La bibliographie de travail comprend R. H. Charles, A. F. J. Klijn et Matthias Henze. Le chapitre de Klijn dans Outside the Old Testament fournit un repère classique sur la tradition syriaque ; les études récentes sur la mémoire de 70 permettent de replacer 2 Baruch parmi les apocalypses juives de l’après-Temple.

Limites et incertitudes

La langue originale précise, la chronologie des sections, l’histoire rédactionnelle et le rapport entre apocalypse et lettre restent des questions de recherche. Le dossier ne convertit donc pas une reconstruction moderne en caractéristique du texte source.

Bibliographie et provenance

Citer ce dossier

Pierre-Alain Savoy, « 2 Baruch », Encyclopédie Savoy, révision du 2026-09-28. https://savoy.fr/ouvrages/encyclopedie/2-baruch/.