Siracide
IntroductionSiracide 13
Édition évolutive · en cours de révision · non validée S5 · reformulation contrôlée pour saisir immédiatement le sens discursif · restitution Paraphrase
À force de fréquenter certaines attitudes, on finit par en porter la marque : comme la poix salit celui qui la touche, l’orgueil peut contaminer celui qui s’y expose.
Ne t’engage pas dans une relation où le rapport de force est si déséquilibré que tu portes seul le risque : entre le pot de terre et le chaudron de bronze, c’est le plus fragile qui se brise.
Dans un ordre injuste, le riche peut commettre le tort puis s’indigner encore, tandis que le pauvre subit et doit malgré tout s’excuser.
Si tu lui es utile, il se servira de toi ; dès que tu ne lui rapporteras plus rien, il s’éloignera.
Tant que tu possèdes quelque chose, il restera près de toi et puisera dans tes ressources sans partager ton épuisement.
Quand il aura besoin de toi, il saura sourire, promettre et te donner l’impression qu’il veut ton bien afin d’obtenir ce qu’il cherche.
Il peut t’attirer par sa table et ses largesses jusqu’à t’avoir vidé plusieurs fois, puis te mépriser comme si tu n’avais jamais compté.
Garde assez de lucidité pour ne pas devenir toi-même l’instrument de ton humiliation.
Si un personnage important t’invite, reste mesuré : une certaine réserve protège ta dignité.
Ne cherche pas avidement la première place, mais ne t’efface pas non plus au point de devenir invisible.
Ne prends pas une familiarité apparente pour de l’égalité : le puissant peut te sonder derrière des paroles aimables.
Celui qui trahit les confidences révèle une dureté qui peut aller beaucoup plus loin que de simples paroles.
Reste vigilant : lorsque le pouvoir est déséquilibré, une imprudence peut te conduire très près de ta ruine.
Même si ces avertissements te reviennent jusque dans ton sommeil, réveille-toi : aime le Seigneur toute ta vie et appelle-le pour être sauvé.
Comme les animaux recherchent leurs semblables, les humains se rapprochent naturellement de ceux qui leur ressemblent.
Les êtres se regroupent selon leur espèce ; de même, l’homme s’attache volontiers à celui dont la manière de vivre lui ressemble.
Le loup et l’agneau ne forment pas une communauté paisible ; de même, certaines conduites morales deviennent incompatibles.
Entre prédateur et proie, la paix reste fragile ; ainsi les rapports entre riche et pauvre peuvent devenir profondément inégaux.
Comme le lion se nourrit de l’animal plus faible, le riche peut faire du pauvre la matière de son avantage.
L’orgueilleux méprise l’humilité ; de même, le riche peut finir par mépriser le pauvre.
Quand le riche chancelle, beaucoup se précipitent pour le soutenir ; quand l’humble tombe, même ses proches peuvent s’éloigner.
Les erreurs du riche trouvent facilement des défenseurs, tandis que celles du pauvre sont amplifiées ; même une parole intelligente venue d’en bas peut rester sans place.
Quand le riche parle, son discours est élevé très haut ; quand le pauvre parle, on commence par demander qui il est.
La richesse peut être bonne lorsqu’elle reste séparée de l’injustice ; la pauvreté n’est pas en elle-même un mal moral.
Ce qui habite le cœur finit souvent par se lire sur le visage, pour le bien comme pour le mal.
Un visage heureux laisse facilement voir la joie intérieure ; comprendre une parole de sagesse demande, lui, un véritable travail de réflexion.