Prière de Manassé

Introduction

Prière de Manassé 1

Nuances du texte source · restitution Déployée

La prière s’adresse au Seigneur comme au Dieu souverain des pères — Abraham, Isaac et Jacob — et associe à leur mémoire leur descendance qualifiée de juste.

Dieu est confessé comme créateur du ciel et de la terre avec l’ensemble ordonné qui leur appartient.

toi qui as enchaîné la mer par la parole de ton commandement, fermé l’abîme et l’as scellé de ton Nom redoutable et glorieux,

La création entière est représentée comme saisie de crainte devant la manifestation de la puissance divine.

car on ne peut soutenir la magnificence de ta gloire ni faire face à la colère de ta menace contre les pécheurs.

En contraste avec la menace du jugement, la miséricorde liée à la promesse divine est déclarée illimitée et insondable.

car toi, Seigneur Très-Haut, tu es compatissant, longanime et riche en miséricorde, te ravisant au sujet des malheurs des humains.

La prière oppose rhétoriquement les patriarches, présentés ici comme des justes n’ayant pas péché contre Dieu, au locuteur qui se reconnaît pécheur et affirme que la repentance lui est précisément ouverte.

Le locuteur amplifie sa confession par une image d’innombrabilité : ses fautes dépassent symboliquement le sable de la mer. Sa culpabilité est telle qu’il se déclare indigne même de regarder vers le ciel.

La confession associe une image d’enchaînement et d’abaissement à la culpabilité. Le péché est ensuite décrit comme provocation de la colère divine, installation d’abominations et multiplication de réalités qui suscitent l’aversion de Dieu.

La repentance devient intérieure : le geste corporel de la génuflexion est transféré au cœur, siège de la disposition profonde, tandis que le pénitent implore la bonté divine.

La confession est réduite à une formule brève et insistante : répétition de « j’ai péché » puis reconnaissance consciente des transgressions.

La supplication accumule les demandes négatives — ne pas périr avec ses fautes, ne pas subir une colère sans fin, ne pas être condamné dans les profondeurs — puis les fonde sur une confession positive : Dieu est le Dieu de ceux qui se repentent.

Le pénitent demande que sa propre délivrance devienne manifestation de la bonté divine. Le salut demandé ne repose pas sur sa dignité, mais sur l’abondance de la miséricorde de Dieu.

La prière se clôt par un vœu de louange permanente. Le pénitent rejoint symboliquement la louange céleste universelle et attribue à Dieu la gloire pour les siècles.

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