Malachie
IntroductionMalachie 2
Analyse du texte source · restitution Philologique
We‘attah, « et maintenant » : l’oracle se tourne directement vers les prêtres ; hammiṣwah hazzo’t est « ce commandement / cette injonction ».
La répétition sim / ‘al lev, « mettre sur le cœur », encadre l’avertissement. Le passage du pluriel « vos bénédictions » au pronom singulier dans « je l’ai maudite » est conservé comme irrégularité du MT.
Hazzera‘ signifie « la semence », donc possiblement descendance ou grain. Peresh est l’excrément / contenu intestinal retiré des victimes. Wenasa’ ’etkhem ’elayw : litt. « il vous emportera vers lui », le sujet grammatical pouvant être peresh.
Lihyot beriti ’et-Lewi : litt. « afin que soit mon alliance avec Lévi », c’est-à-dire qu’elle demeure opérante malgré la faute des prêtres.
Le membre wa’ettenem lo mora’ est condensé : « je les lui donnai [pour] crainte / révérence ». Niḥat, rare, évoque l’effroi ou l’abaissement révérenciel devant le nom divin.
Torat ’emet est « instruction / Torah de vérité ». Mishor désigne ce qui est droit, nivelé, donc la rectitude. Heshiv me‘awon : « il fit revenir [beaucoup] loin de l’iniquité ».
Mal’akh YHWH tseva’ot, « messager de YHWH des armées », fait écho au nom/titre Mal’akhi. La Torah demandée à sa bouche est ici l’instruction sacerdotale.
Hikhshaltem rabbim battorah : « vous avez fait trébucher beaucoup [de gens] dans / par la Torah ». Shiḥattem : « vous avez corrompu / ruiné » l’alliance lévitique.
Nos’im panim battorah, litt. « relever des faces dans la Torah », est l’idiome de la partialité : favoriser des personnes dans l’enseignement ou le jugement de la Torah.
Le parallélisme relie « un seul père » et « un seul Dieu nous a créés ». Bagad signifie agir en traître / être déloyal, mot-clef de 2,10-16.
Uva‘al bat ’el nekhar : litt. « il a pris pour épouse / possédé la fille d’un dieu étranger ». L’expression caractérise l’appartenance cultuelle, sans que « fille » doive être pris au sens biologique.
‘Er we‘oneh, litt. « celui qui veille et celui qui répond », est une formule obscure, probablement mérismatique : « quiconque / sans survivant ». Le second membre ajoute « et celui qui présente une minḥah à YHWH tseva’ot ».
Me’en ‘od penot ’el-hamminḥah : « au point qu’il ne se tourne plus vers l’offrande ». La source des larmes n’est pas grammaticalement explicitée dans le verset, même si le contexte les relie à la trahison conjugale.
He‘id beinəkha uvein ’eshet ne‘ureikha : YHWH est présenté comme témoin de l’alliance conjugale. Bagad reprend le verbe de « trahison / déloyauté » des vv. 10-11.
Le MT est notoirement elliptique : welo’-’eḥad ‘asah, « et n’a-t-il pas fait un ? / pas un n’a fait », ushe’ar ruaḥ lo, « et un reste de souffle était à lui ». Plusieurs analyses sont possibles. La restitution principale comprend « un » comme l’unité conjugale et zera‘ ’elohim comme « descendance de Dieu / pieuse ».
Ki sane’ shallaḥ est difficile : le MT vocalisé donne « il hait » (3e pers.), non « je hais ». Les versions anciennes soutiennent une construction conditionnelle ou descriptive autour de l’homme qui hait et renvoie. Wekhissah ḥamas ‘al-levusho : « il couvre de violence son vêtement ». La syntaxe exacte reste discutée.
Hoga‘tem, Hifil de y-g-‘, « vous avez fatigué / lassé ». ’Elohei hammishpaṭ est « Dieu du jugement / de la justice », transition directe vers 3,1-5.