Malachie
IntroductionMalachie 1
Analyse du texte source · restitution Philologique
Massa’ — « oracle / charge » — de la parole de YHWH vers Israël, par la main de Malachie [mal’akhi : « mon messager »].
« Je vous ai aimés », dit YHWH. Et vous dites : « Par quoi nous as-tu aimés ? » Ésaü n’était-il pas frère de Jacob ? — ne’um YHWH, « oracle de YHWH ». Et j’ai aimé Jacob,
et Ésaü, je l’ai haï [sane’, antonyme rhétorique de « aimer »] ; j’ai mis ses montagnes en désolation et son héritage pour les tannôt du désert [probablement « chacals »].
Ki — « quand / si » — Édom dit : « Nous avons été écrasés [rushashnu], mais nous reviendrons bâtir les ruines », ainsi dit YHWH tseva’ot : « Eux bâtiront, moi je démolirai. » On les appellera « territoire de méchanceté » et « peuple contre lequel YHWH s’indigne pour toujours ».
Vos yeux verront, et vous direz : « YHWH est grand au-delà de la frontière d’Israël. » Le yiqṭol yigdal peut exprimer l’acclamation : « qu’il soit reconnu grand / il est grand ».
« Un fils honore un père, et un serviteur son maître. Si je suis père, où est kevodi, “mon honneur” ? Si je suis maître, où est mora’i, “ma crainte / révérence” ? » dit YHWH tseva’ot aux prêtres qui méprisent son nom.
Vous faites approcher sur mon autel leḥem “pain / nourriture sacrificielle” souillé, puis vous dites : « En quoi t’avons-nous souillé ? » — en disant : « La table de YHWH est méprisée. »
Le texte répète ’ein ra‘, litt. « il n’y a pas de mal ». « Relèvera-t-il ta face ? » rend l’idiome nasa’ panim : recevoir favorablement, montrer de la faveur.
Ḥallu na penei ’El, litt. « apaisez / sollicitez donc la face de Dieu » ; yissa’ mikkem panim reprend l’idiome de la faveur : « relèvera-t-il la face de l’un de vous ? »
Mi gam bakhem weyisgor delatayim : « Qui donc, parmi vous, fermerait les portes ? » Ta’iru mizbeḥi ḥinnam : « vous n’allumeriez pas mon autel en vain / gratuitement ». Minḥah désigne ici l’offrande présentée.
Le verset est largement nominal et participial : gadol shemi, « grand [est/sera] mon nom » ; muqṭar muggash, « [de l’]encens est fait fumer / présenté ». Le MT n’impose pas à lui seul un présent ou un futur français.
Nivo est un terme difficile ici : « produit / fruit / ce qui en provient ». ’Okhlo précise « sa nourriture ». Le propos vise la nourriture sacrificielle de la table cultuelle.
Mattela’ah : « fatigue / corvée ». Wehippaḥtem ’oto : « vous soufflez dessus / à son sujet », geste de dédain. Le pronom du MT est « lui / cela » ; la tradition des tiqqune soferim a suscité d’autres lectures, mais le texte consonantique transmis est conservé ici.
Mashḥat désigne ici ce qui est corrompu / endommagé, donc impropre comme offrande. « Grand roi » et « nom redoutable parmi les nations » ferment la disputation ouverte au v. 6.