Judith
IntroductionJudith 8
Lecture publique et écoute · restitution Proclamation
Alors Judith apprit ce qui se passait. Elle était fille de Merari, dans la lignée d’Israël.
Son mari, Manassé, était de sa parenté. Il mourut pendant la moisson de l’orge.
Au temps de la moisson, la chaleur le frappa. Il mourut à Béthulie et fut enseveli avec ses pères.
Depuis trois ans et quatre mois, Judith vivait dans le veuvage.
Sur son toit, elle avait dressé une tente. Elle portait le sac et les vêtements du veuvage.
Elle jeûnait sans cesse — sauf les sabbats, les nouvelles lunes et les jours de fête d’Israël.
Judith était d’une grande beauté. Elle possédait les biens laissés par Manassé et les administrait elle-même.
Personne ne pouvait l’accuser : elle craignait Dieu profondément.
Judith apprit la colère du peuple, le manque d’eau et le serment d’Ozias : cinq jours, puis la reddition.
Elle envoya sa servante chercher Ozias, Chabris et Charmis.
« Écoutez-moi, chefs de Béthulie. Votre parole n’est pas juste. Votre serment ne l’est pas davantage : vous avez fixé un délai à Dieu.
Qui êtes-vous pour mettre Dieu à l’épreuve et vous placer à sa place ?
Vous éprouvez le Seigneur tout-puissant — et vous ne pouvez sonder ses desseins.
Vous ne sondez pas même le cœur humain. Comment prétendre sonder Dieu ? Frères, n’irritez pas le Seigneur notre Dieu.
S’il ne nous aide pas dans ces cinq jours, il peut nous sauver plus tard — ou nous laisser périr. C’est lui qui décide.
Ne demandez pas de garantie à Dieu. Il n’est pas un homme qu’on menace ni quelqu’un avec qui l’on négocie.
Attendons son salut. Appelons-le. S’il le veut, il entendra notre voix.
Aujourd’hui, aucun de nous n’adore des dieux fabriqués par des mains, comme autrefois.
Voilà pourquoi nos pères furent livrés à l’épée et au pillage.
Nous ne connaissons pas d’autre Dieu. Voilà pourquoi nous espérons qu’il ne nous abandonnera pas.
Si nous tombons, toute la Judée tombera. Le sanctuaire sera pillé, et sa profanation nous sera demandée.
La mort de nos frères, l’exil du pays, la ruine de notre héritage retomberont sur nous. Chez nos maîtres, nous deviendrons honte et scandale.
Notre esclavage ne nous apportera aucune faveur : il deviendra déshonneur.
Frères, montrons que la vie de nos frères, le sanctuaire, le Temple et l’autel reposent maintenant sur nous.
Et malgré tout, rendons grâce : le Seigneur nous éprouve comme il a éprouvé nos pères.
Souvenez-vous d’Abraham, d’Isaac, de Jacob chez Laban : eux aussi furent éprouvés.
Il ne nous détruit pas. Il corrige ceux qui s’approchent de lui, pour les avertir. »
Ozias répondit : « Tu as parlé avec justesse. Personne ne peut s’opposer à tes paroles.
Ta sagesse n’est pas nouvelle. Depuis toujours, tout le peuple connaît ton intelligence et la droiture de ton cœur.
Mais le peuple mourait de soif. Il nous a forcés à promettre et à jurer. Nous ne pouvons pas violer ce serment.
Prie pour nous, toi qui es pieuse. Que le Seigneur envoie la pluie et remplisse nos citernes. »
Judith répondit : « Écoutez-moi. Ce que je vais faire sera raconté de génération en génération.
Cette nuit, attendez-moi à la porte. Je sortirai avec ma servante. Avant l’expiration de votre délai, le Seigneur délivrera Israël par ma main.
Ne cherchez pas à connaître mon plan. Je ne le dirai qu’une fois l’action accomplie. »
Ils lui dirent : « Va en paix. Que le Seigneur marche devant toi contre nos ennemis. »
Puis ils quittèrent la tente et retournèrent à leurs postes.