Judith
IntroductionJudith 8
Analyse du texte source · restitution Philologique
La généalogie est exceptionnellement longue pour une héroïne biblique ; elle fonctionne comme légitimation identitaire et nationale.
La mention de la tribu et de la parenté souligne l’endogamie familiale.
Il se tenait auprès de ceux qui liaient les gerbes dans la plaine ; la chaleur brûlante vint sur sa tête, il tomba sur son lit et mourut dans sa ville, Béthulie ; et ils l’ensevelirent avec ses pères dans le champ entre Dothaïn et Balamon.
La précision chronologique souligne la stabilité de son mode de vie.
Le « sac » est un vêtement pénitentiel ; la terrasse sert d’espace retiré pour la prière.
La liste montre que le jeûne personnel s’efface devant le calendrier liturgique d’Israël.
Et elle était belle d’apparence et très gracieuse de visage ; Manassé, son mari, lui avait laissé or, argent, serviteurs, servantes, troupeaux et champs, et elle demeurait à la tête de ces biens.
La « crainte de Dieu » fonctionne comme résumé éthique de son caractère.
Et elle entendit les mauvaises paroles que le peuple avait dites contre le chef, parce qu’ils avaient perdu courage dans le manque d’eau ; Judith entendit aussi toutes les paroles qu’Ozias leur avait dites et comment il leur avait juré de livrer la ville aux Assyriens après cinq jours.
La servante est une intendante de confiance, non une simple domestique.
Et ils vinrent vers elle, et elle leur dit : « Écoutez-moi, chefs des habitants de Béthulie. Votre parole prononcée aujourd’hui devant le peuple n’est pas droite : vous avez établi ce serment entre Dieu et vous, disant que vous livreriez la ville à nos ennemis si, durant ces jours, le Seigneur ne revenait pas vous secourir.
Et maintenant, qui êtes-vous, vous qui avez mis Dieu à l’épreuve aujourd’hui et qui vous êtes placés au-dessus de Dieu au milieu des fils des hommes ?
Et maintenant vous examinez le Seigneur tout-puissant, mais vous ne connaîtrez rien jusqu’à l’éternité.
Le parallélisme « cœur/pensée » sert d’argument a fortiori : si l’humain reste difficile à sonder, Dieu l’est infiniment davantage.
Judith refuse autant le chantage à Dieu que la certitude présomptueuse d’une délivrance selon le calendrier humain.
Le mot du « gage » est remarquable : Judith refuse toute logique contractuelle imposée à Dieu.
C’est pourquoi, attendant le salut qui vient de lui, invoquons-le pour notre secours ; il écoutera notre voix si cela lui plaît.
Le discours d’Achior avait déjà établi le lien entre idolâtrie et défaite ; Judith reprend ce schéma mais l’applique favorablement à la génération actuelle.
Le discours reprend la théologie rétributive du chapitre 5.
Mais nous, nous n’avons connu aucun autre Dieu en dehors de lui ; c’est pourquoi nous espérons qu’il ne nous méprisera pas, nous ni notre race.
Le langage de « réclamer » le sang donne à la responsabilité des défenseurs une dimension sacrée.
Le couple « scandale/opprobre » exprime la dégradation sociale d’un peuple devenu objet de mépris.
L’opposition faveur/déshonneur renverse l’espoir pragmatique d’une capitulation supportable.
L’image de l’âme « suspendue » aux défenseurs traduit une responsabilité collective extrême.
Mais en toutes ces choses, rendons grâce au Seigneur notre Dieu, qui nous éprouve comme il a éprouvé nos pères.
Le rappel patriarcal construit une herméneutique de l’épreuve plutôt qu’une théologie de l’abandon.
Le mot de « châtiment » doit être compris dans le cadre de la paideia, correction éducative, non seulement punitive.
La reconnaissance publique de sa sagesse légitime son rôle à venir.
Le mot d’« inclination » qualifie durablement la disposition intérieure de Judith.
Le serment est présenté comme une contrainte auto-imposée, ce qui souligne encore davantage l’erreur dénoncée par Judith.
L’attente d’une pluie contraste avec le plan beaucoup plus audacieux que Judith va annoncer.
La formule « générations des générations » inscrit l’acte à venir dans la mémoire longue d’Israël.
Et vous, tenez-vous à la porte cette nuit ; moi, je sortirai avec ma servante, et durant les jours après lesquels vous avez dit que vous livreriez la ville à nos ennemis, le Seigneur visitera Israël par ma main.
Le refus d’« examiner » son action protège la stratégie et souligne l’autonomie exceptionnelle accordée à Judith.
La formule « devant toi » évoque le Dieu qui précède et ouvre le chemin.
La séparation narrative prépare immédiatement la prière solitaire de Judith au chapitre 9.