Jérémie
IntroductionJérémie 51
Édition évolutive · en cours de révision · non validée S5 · reformulation contrôlée pour saisir immédiatement le sens discursif · restitution Paraphrase
Le SEIGNEUR annonce qu’il suscite contre Babylone et Lev-Qamaï un vent destructeur.
Des ennemis la vanneront comme du grain et videront son pays de tous côtés.
L’oracle utilise le langage de guerre totale contre les archers, les cuirassés et l’armée babylonienne.
Les morts tomberont jusque dans les rues du pays des Chaldéens.
Pourtant Israël et Juda ne sont pas abandonnés par leur Dieu, même si leur propre pays porte encore sa culpabilité.
Le peuple est donc appelé à sortir de Babylone et à sauver sa vie avant que le jugement de la ville ne l’engloutisse avec elle.
Babylone avait été comme une coupe d’or enivrant les nations ; celles-ci avaient perdu leur discernement sous son influence.
Maintenant la ville tombe soudainement, et le poème appelle même un instant à chercher un remède pour sa blessure.
Mais cette guérison est déclarée impossible : les peuples doivent quitter Babylone parce que son jugement a atteint sa pleine mesure.
Les rescapés attribuent au SEIGNEUR la défense de leur cause et veulent raconter à Sion ce qu’il a accompli.
Les Mèdes sont présentés comme l’instrument réveillé contre Babylone, notamment en réponse à la destruction du Temple.
Les assiégeants sont appelés à renforcer leur dispositif, parce que le projet annoncé contre Babylone doit s’accomplir.
La ville riche, installée près de grandes eaux, arrive au terme de ses gains.
Le SEIGNEUR jure qu’une multitude d’hommes remplira Babylone comme des sauterelles et poussera contre elle le cri de victoire.
Le contraste revient alors au Créateur : il a fait la terre par sa puissance, établi le monde par sa sagesse et déployé les cieux par son intelligence.
Sa voix commande aux eaux, aux nuages, aux éclairs et aux vents.
Face à lui, l’artisan qui divinise une image fabriquée se révèle sans connaissance, car l’idole ne possède aucun souffle.
Ces idoles ne sont que vanité et disparaîtront au temps où elles devront rendre compte.
La part de Jacob est tout autre : elle est le Créateur de toutes choses, tandis qu’Israël est son héritage.
Babylone elle-même avait servi d’instrument de guerre pour briser des nations et des royaumes.
Cet instrument avait frappé chevaux et cavaliers, chars et conducteurs.
Il avait touché hommes et femmes, vieillards et jeunes.
Il avait aussi atteint bergers, cultivateurs, gouverneurs et préfets.
Mais le mal infligé à Sion revient maintenant sur Babylone et la Chaldée.
Babylone est appelée « montagne de destruction » : celle qui ravageait la terre sera elle-même renversée et brûlée.
Elle ne fournira plus même de pierre utile à une reconstruction durable.
Le signal de guerre convoque contre elle Ararat, Minni, Ashkenaz et les forces venues du nord.
Les rois des Mèdes, leurs gouverneurs et leurs territoires sont appelés à se mobiliser.
La terre tremble parce que le projet de transformer Babylone en désolation est présenté comme arrivant à son accomplissement.
Les guerriers babyloniens cessent de combattre, perdent leur force et voient leurs défenses brûlées ou brisées.
Les messagers se succèdent pour annoncer au roi que sa ville est prise d’un bout à l’autre.
Passages, roseaux et positions défensives sont contrôlés tandis que les soldats sont saisis d’effroi.
Babylone est alors comparée à une aire de battage arrivée au moment où sa moisson va être foulée.
Sion se plaint d’avoir été dévorée, vidée et rejetée par Nabuchodonosor comme une proie avalée par un monstre.
Jérusalem demande que la violence et le sang versé retombent sur Babylone.
Le SEIGNEUR répond qu’il défendra cette cause et desséchera symboliquement les sources de puissance babyloniennes.
Babylone deviendra tas de pierres et repaire de chacals, sans habitants.
Ses puissants sont d’abord comparés à de jeunes lions rugissants.
Mais leur banquet se transforme en ivresse mortelle et en sommeil sans réveil.
Ils sont ensuite comparés à des animaux conduits à l’abattoir.
Shéshak, nom crypté de Babylone, devient elle-même l’objet de stupeur qu’elle avait imposé aux autres.
La mer et ses vagues deviennent l’image d’une force qui submerge entièrement la ville.
Ses villes deviennent une steppe inhabitable et désertée.
Bel, dieu de Babylone, est lui aussi atteint : ce qu’il semblait avoir englouti lui est arraché, et la muraille de la ville tombe.
Le peuple est appelé une nouvelle fois à sortir de Babylone et à sauver sa vie.
Il ne doit pas perdre courage devant les rumeurs successives de violence et de changement de pouvoir.
Le jugement annoncé vise aussi les idoles de Babylone et les morts qui tomberont au milieu du pays.
Ciel, terre et création entière sont poétiquement appelés à se réjouir de la chute de la puissance oppressive.
Babylone tombe en réponse aux morts d’Israël comme elle avait elle-même fait tomber des morts dans de nombreux pays.
Les rescapés doivent partir sans s’arrêter, se souvenir du SEIGNEUR depuis le lointain et garder Jérusalem au cœur.
Leur honte venait notamment de voir des étrangers entrer dans les lieux saints du Temple.
C’est pourquoi une nouvelle annonce vise les idoles de Babylone et les blessés qui gémiront dans son territoire.
Même une fortification imaginaire montant jusqu’aux cieux ne pourrait mettre Babylone hors d’atteinte.
Un grand cri de destruction monte déjà de Babylone et de la Chaldée.
La grande voix de Babylone est réduite au silence tandis que l’envahisseur gronde comme de grandes eaux.
Ses guerriers sont capturés et leurs arcs brisés ; le texte présente cela comme une rétribution.
Chefs, sages, gouverneurs et soldats sont figurés comme ivres avant d’entrer dans un sommeil définitif.
La grande muraille et les portes monumentales seront détruites ; tout le travail accumulé semble alors n’avoir servi qu’au feu.
L’oracle reçoit ensuite une mise en scène écrite : Jérémie confie à Seraya un texte à emporter lors d’un voyage à Babylone.
Jérémie rassemble dans un livre toutes les paroles de malheur écrites contre Babylone.
Seraya devra les lire une fois arrivé dans la ville.
Il devra aussi confesser que cette destruction avait été annoncée par le SEIGNEUR.
Après la lecture, le rouleau doit être lesté d’une pierre et jeté dans l’Euphrate.
Le geste devient le dernier signe : comme ce rouleau s’enfonce, Babylone s’enfoncera sous son jugement. La formule conclut : « Jusqu’ici les paroles de Jérémie. »