Jérémie
IntroductionJérémie 33
Analyse du texte source · restitution Philologique
Et la parole de YHWH fut vers Jérémie une seconde fois, tandis qu’il était encore retenu dans la cour de la garde. [`shenit` : une seconde fois ; `atsur` : retenu, détenu.]
« Celui qui la fait… qui la façonne pour l’établir » traduit `‘osah / yotser / lehakhinah` ; la référence du suffixe féminin est implicite dans l’hébreu.
`qera’ ’elay` : « crie/appelle vers moi » ; `betsurot` signifie littéralement « fortifiées », d’où « inaccessibles, hors d’atteinte ».
`hannethutsim el-hassolelot we’el-heḥarev` : maisons « démolies vers/face aux terrassements et à l’épée » ; syntaxe de siège condensée.
La syntaxe relie les maisons démolies du v.4 au combat et aux cadavres du v.5 ; la construction est heurtée en hébreu comme en traduction littérale.
`’arukhah u-marpe’` : guérison et remède/restauration ; `‘ateret shalom we’emet` : abondance de paix et de vérité/fidélité.
`hashiv shevut` : faire revenir la captivité / rétablir la destinée ; idiome majeur des oracles de restauration.
Deux verbes sont juxtaposés : `tihar` (purifier) et `salaḥ` (pardonner), suivis de `ḥata’` (pécher) et `pasha‘` (se révolter).
`leshem sason, lithehillah uletif’eret` : « pour nom de joie, pour louange et pour splendeur ». Le changement de nombre des suffixes dans le MT rend la référence de « leur/lui » légèrement heurtée.
Le v.10 commence par `‘od yishshama‘`, « encore sera entendu », dont le complément sonore est développé au v.11.
La formule `hodu ... ki tov YHWH ki le‘olam hasdo` est une acclamation liturgique : « Rendez grâce… car il est bon, car pour toujours son ḥesed ». `todah` peut désigner action de grâce et sacrifice de reconnaissance.
`neweh ro‘im marbitsim tson` : pâturage/demeure de bergers faisant reposer le petit bétail.
« Passer sous la main de celui qui compte » évoque le dénombrement du troupeau par le berger.
`haqim et-haddavar hattov` : « faire se lever / accomplir la bonne parole », c’est-à-dire la rendre effective.
`’atsmiaḥ leDavid tsemaḥ tsedaqah` : « je ferai germer pour David un germe de justice ». Le titre reste dynastique dans le contexte immédiat.
Le suffixe féminin `lah` renvoie à Jérusalem : dans le MT de 33:16, « YHWH notre justice » est le nom donné à la ville, contrairement à 23:6 où le contexte porte sur le roi.
`lo yikkaret leDavid ’ish` : littéralement « il ne sera pas retranché à David un homme » ; idiome de continuité dynastique.
La construction parallèle à 33:17 associe continuité davidique et continuité du service sacerdotal lévitique.
Formule messagère `wayehi devar-YHWH el-Yirmeyahu lemor`.
`beriti hayyom / beriti hallaylah` : « mon alliance du jour / de la nuit ». L’ordre cosmique devient garantie rhétorique de la promesse.
Le parallèle syntaxique unit explicitement alliance davidique et service des « Lévites, les prêtres » (`hallewiyyim hakkohanim`).
Les deux images d’innombrabilité — `tseva hashamayim` et `ḥol hayyam` — réemploient un langage de promesse de descendance.
Nouvelle formule d’introduction d’oracle ; elle sépare 33:23–26 de l’argument précédent tout en le prolongeant.
`shete hammishpaḥot` : « les deux familles ». Le référent est discuté ; le contexte immédiat peut viser les deux ensembles/lignées précédemment évoqués. La traduction ne tranche pas davantage.
`ḥuqqot shamayim wa’arets` : prescriptions/lois des cieux et de la terre ; l’ordre cosmique sert de garantie de permanence.
Le verset conclut par `ashiv et-shevutam weriḥamtim` : « je rétablirai leur destinée / ramènerai leur captivité et j’aurai compassion d’eux ». Le conditionnel cosmique rend le rejet impossible dans l’argument.