Jérémie
IntroductionJérémie 29
Nuances du texte source · restitution Déployée
Voici les paroles de la lettre que Jérémie le prophète envoya de Jérusalem au reste des anciens de la déportation, aux prêtres, aux prophètes et à tout le peuple que Nabuchodonosor avait déporté de Jérusalem à Babylone,
Le cadre est celui de la première grande déportation : Jékonias, la reine mère, l’administration et une partie des artisans spécialisés ont déjà quitté Jérusalem.
La lettre fut remise à Élasa, fils de Shaphân, et à Guemaria, fils de Hilqiya, que Sédécias, roi de Juda, envoyait à Babylone auprès de Nabuchodonosor, roi de Babylone. Elle disait :
« Ainsi parle le SEIGNEUR des armées, Dieu d’Israël, à tous les déportés que j’ai fait partir de Jérusalem pour Babylone :
L’exil doit être assumé comme une durée réelle : les déportés ne sont pas invités à vivre dans l’attente fébrile d’un retour immédiat, mais à construire et à cultiver.
La communauté exilée doit préparer l’avenir sur plusieurs générations : le texte suppose mariages, naissances et croissance démographique en Babylonie.
L’instruction va plus loin que la simple résignation : les exilés doivent rechercher activement le bien-être de Babylone et prier pour elle, parce que leur propre stabilité sera liée à celle de la ville qui les accueille de force.
Le danger de la fausse espérance existe aussi au sein de la diaspora : des prophètes, des devins et des rêves alimentent l’idée d’un retour proche que Jérémie rejette.
Le fait qu’ils utilisent le nom du SEIGNEUR ne suffit pas : comme dans les chapitres précédents, l’absence d’envoi authentique définit la fausse prophétie.
Quand les soixante-dix années de Babylone seront accomplies, je m’occuperai de vous et j’accomplirai pour vous ma bonne parole en vous ramenant dans ce lieu.
La parole s’adresse collectivement aux exilés appelés à vivre durablement à Babylone : Dieu affirme que son projet final vise leur `shalom`, leur avenir et leur espérance, et non leur disparition.
Alors vous m’appellerez, vous viendrez vers moi dans la prière, et moi je vous écouterai.
La recherche promise n’est pas superficielle : elle engage la totalité du cœur, c’est-à-dire l’orientation intérieure et volontaire du peuple.
Je me laisserai trouver par vous ; je rétablirai votre destinée, je vous rassemblerai de toutes les nations et de tous les lieux où je vous avais dispersés, puis je vous ramènerai du lieu de votre exil.
Les exilés justifient leur confiance en certains oracles locaux en affirmant que le SEIGNEUR a lui-même suscité des prophètes au milieu d’eux à Babylone.
Car ainsi parle le SEIGNEUR au sujet du roi assis sur le trône de David, de tout le peuple qui habite cette ville et de vos frères qui ne sont pas partis avec vous en exil :
Ceux restés à Jérusalem sont identifiés aux « mauvaises figues » de la vision du chapitre 24 : le jugement qui suit est donc une reprise explicite de cette image.
Le jugement contre ceux restés à Jérusalem reprend le vocabulaire traditionnel de dispersion et de honte publique : ils deviendront un exemple négatif parmi les peuples.
Le diagnostic unit les deux groupes : ceux restés à Jérusalem et les exilés ont tous deux résisté à une parole prophétique envoyée avec persévérance.
« Et vous, tous les déportés que j’ai envoyés de Jérusalem à Babylone, écoutez maintenant la parole du SEIGNEUR ! »
Deux faux prophètes de la diaspora sont nommés personnellement : leur prétention à parler au nom du SEIGNEUR sera démentie publiquement par leur exécution sous les yeux des exilés.
Leur exécution deviendra proverbiale au sein même de la communauté exilée : leurs noms serviront de formule de malédiction et de mémoire du faux prophétisme.
Le jugement ne repose pas seulement sur une erreur doctrinale : le texte accuse ces hommes d’adultère et d’usage mensonger du nom divin, et le SEIGNEUR se présente lui-même comme témoin de leurs actes.
Tu parleras aussi à Shemaya le Néhélamite en ces termes :
Shemaya intervient à distance depuis l’exil : il écrit de sa propre initiative aux responsables de Jérusalem pour faire réprimer Jérémie.
Shemaya cherche à mobiliser l’autorité disciplinaire du Temple contre Jérémie en le classant parmi les hommes « délirants » qui usurpent le rôle prophétique.
La cible de la lettre est explicite : Shemaya reproche au prêtre de ne pas avoir utilisé son autorité pour faire taire Jérémie.
Shemaya cite précisément le cœur de la lettre de Jérémie : la durée de l’exil et l’ordre de s’y installer sont ce qu’il considère comme une parole intolérable.
Au lieu d’exécuter la demande de Shemaya, Sophonie porte la lettre à la connaissance de Jérémie lui-même.
Alors la parole du SEIGNEUR fut adressée à Jérémie :
Le verdict reprend le critère central des chapitres 27–29 : Shemaya n’a pas été envoyé, et son action a pour effet d’installer la communauté dans une confiance mensongère.
La sanction est formulée en contraste direct avec la promesse des vv. 10–14 : Shemaya, qui combat la parole de restauration différée, ne participera pas lui-même au bien futur annoncé au peuple.