Jérémie

Introduction

Jérémie 28

Nuances du texte source · restitution Déployée

La confrontation a lieu publiquement dans le Temple, la quatrième année de Sédécias : Hanania, prophète de Gabaon, prend la parole devant les prêtres et le peuple pour contredire le signe du joug porté par Jérémie.

Hanania adopte exactement la formule prophétique d’autorité et annonce comme déjà accompli ce que Jérémie présente comme jugement encore en cours : le joug de Babylone serait brisé.

Hanania donne un calendrier précis et très court : dans deux ans seulement, le mobilier du Temple déjà déporté doit revenir à Jérusalem, exactement l’inverse de Jérémie 27.

Je ramènerai aussi Jékonias, fils de Joïaqim, roi de Juda, ainsi que tous les déportés de Juda partis à Babylone, car je briserai le joug du roi de Babylone.

Le débat reste public et met face à face deux hommes que le récit appelle tous deux « prophète » ; l’enjeu devient donc de discerner lequel a réellement été envoyé.

Jérémie le prophète répondit : « Amen ! Que le SEIGNEUR fasse ainsi ! Qu’il accomplisse les paroles que tu as prophétisées en ramenant de Babylone les objets de la maison du SEIGNEUR et tous les déportés ! »

Après avoir exprimé son souhait, Jérémie introduit le discernement nécessaire : Hanania et l’assemblée doivent entendre le principe qui permet d’évaluer une prophétie de paix.

« Les prophètes qui nous ont précédés, toi et moi, depuis longtemps, ont prophétisé contre de nombreux pays et de grands royaumes la guerre, le malheur et la peste. »

Une prophétie favorable ne s’authentifie pas par son pouvoir de rassurer : elle doit attendre l’épreuve de l’accomplissement. C’est seulement lorsque la parole de paix arrive que le prophète est reconnu comme réellement envoyé.

Hanania transforme son message en contre-signe prophétique : il saisit le joug porté par Jérémie et le casse publiquement.

Hanania interprète lui-même son geste : le joug cassé devient la preuve symbolique d’une libération générale sous deux ans. Jérémie, à ce moment-là, ne répond pas davantage et quitte la scène.

La réponse décisive n’est donnée qu’après coup, lorsque Jérémie reçoit une nouvelle parole du SEIGNEUR à propos du geste de Hanania.

Briser le signe n’annule pas la réalité qu’il représente : selon l’oracle, le geste de Hanania ne supprime pas le joug, il l’aggrave en le transformant symboliquement de bois en fer.

Car ainsi parle le SEIGNEUR des armées, Dieu d’Israël : « J’ai placé un joug de fer sur le cou de toutes ces nations pour qu’elles servent Nabuchodonosor, roi de Babylone ; elles le serviront, et je lui ai même donné les bêtes des champs. »

Le verdict ne porte plus seulement sur le contenu de l’oracle : Jérémie nie l’envoi même de Hanania et lui reproche d’avoir installé le peuple dans une confiance mensongère.

Hanania reçoit alors un signe vérifiable à très court terme : sa propre mort dans l’année devient le contrepoint de la prophétie de paix sous deux ans.

Hanania le prophète mourut cette même année, au septième mois.

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