Jérémie
IntroductionJérémie 29
Analyse du texte source · restitution Philologique
`sefer` : lettre/document écrit. Le destinataire est la communauté de la `golah`, l’exil/déportation.
`hagevirah` : grande dame/reine mère ; `sarisim` : hauts fonctionnaires/eunuques ; `ḥarash u-masger` : artisans et travailleurs spécialisés.
`beyad` : « par la main de », formule de transmission par intermédiaires.
Le causatif implicite de l’exil est attribué à YHWH : `asher higleti`, « que j’ai fait partir en exil / que j’ai exilé ».
Les impératifs de construction et plantation impliquent stabilité et durée, contre les annonces de retour rapide.
`revu sham we’al-tim‘atu` : « multipliez-vous là et ne diminuez pas ». L’exil n’est pas conçu comme une parenthèse de quelques mois.
Triple `shalom` implicite/explicite : paix, bien-être, prospérité. Le texte ne demande pas l’assimilation religieuse, mais le bien civique de la ville d’exil.
La forme `maḥalmim` est difficile : « que vous faites rêver / que vous encouragez à rêver ». Le texte engage aussi la responsabilité de l’auditoire.
Encore `lo shelaḥtim`, « je ne les ai pas envoyés » : critère récurrent d’authenticité prophétique.
`lefi melot leBavel shiv‘im shanah` : « selon l’accomplissement pour Babylone de soixante-dix ans ». Cf. 25:11–12.
`aḥarit wetiqwah` : « avenir/issue et espérance ». Promesse collective située dans le cadre de l’exil de soixante-dix ans, non garantie individuelle détachée du contexte.
La séquence appel → prière → écoute établit une réciprocité relationnelle après le temps de discipline.
`bekhol-levavkhem` : « avec tout votre cœur », totalité de l’engagement intérieur et volontaire.
`shavti et-shevutkhem` : restaurer la destinée / ramener de captivité. Jeu de la racine `shuv`, revenir, traversant tout le verset.
Le verset introduit l’objection des exilés et prépare la condamnation de prophètes précis.
Le contraste exilés/restants reprend le paradoxe des bonnes et mauvaises figues de Jérémie 24.
Réemploi direct de l’image de Jérémie 24 : les « mauvaises figues » désignent ceux qui restent sous Sédécias.
Accumulation stéréotypée de termes de jugement : `za‘awah`, `alah`, `shammah`, `shereqah`, `ḥerpah`.
`hashkem weshaloah` revient encore : image idiomatique de l’envoi prophétique persistant.
Le sujet divin de l’exil est à nouveau affirmé : `asher shillaḥti`, « que moi j’ai envoyé ».
L’authentification narrative passe ici par le destin des faux prophètes eux-mêmes, comme pour Hanania en ch. 28.
`qalam ba’esh` : faire rôtir/griller au feu ; description exceptionnellement crue du mode d’exécution.
`nevalah` : infamie, folie scandaleuse. Le couple « je sais / je suis témoin » donne à l’accusation une forme judiciaire.
`haNeḥelami` est probablement un gentilé ou surnom dont l’identification exacte demeure incertaine.
`bishmekha`, « en ton nom », s’oppose implicitement à la parole authentiquement envoyée au nom de YHWH.
`meshugga‘ u-mitnabbe` : « fou/délirant et se faisant prophète ». Vocabulaire polémique visant à pathologiser le prophète adverse.
Le verbe `ga‘ar` signifie réprimander, menacer, faire taire par autorité.
`arukkah hi` : « longue elle est » ; renvoie à la durée de l’exil.
« Lire dans les oreilles » = lire à haute voix pour quelqu’un.
Formule classique de réception prophétique avant l’oracle contre Shemaya.
Même formule que 28:15 : faux prophète = non envoyé + production de confiance dans le mensonge.
`sarah dibber ‘al-YHWH` : « il a parlé révolte contre le SEIGNEUR », même formule de condamnation que pour Hanania (28:16).