Exode 3

Analyse du texte source · restitution Philologique

חֹתֵן désigne un parent par alliance, ici le beau-père de Moïse. אַחַר הַמִּדְבָּר est litt. « derrière le désert/la steppe », d’où « au-delà ». חֹרֵבָה porte un hé locale : « vers Horeb ».

מַלְאַךְ signifie « messager » et, dans ce contexte divin, traditionnellement « ange ». Le récit passe du « messager de YHWH » au v. 2 à YHWH et Dieu au v. 4 sans expliquer cette articulation. אֻכָּל est le passif de אכל, « être dévoré/consumé ».

אָסֻרָה et אֶרְאֶה sont des cohortatifs : décision/intention de Moïse. בָּעַר peut désigner brûler ; puisque le v. 2 affirme déjà que le buisson brûle, la question porte contextuellement sur le fait qu’il ne brûle pas jusqu’à disparaître.

Le sujet est nommé יְהוָה dans la première proposition puis אֱלֹהִים dans la seconde. הִנֵּנִי, « me voici », est une formule de disponibilité/réponse à un appel.

אַדְמַת־קֹדֶשׁ est une chaîne nominale, litt. « sol de sainteté », naturellement « sol/terre sainte ». שַׁל, impératif de נשל, signifie enlever/ôter les sandales.

אָנֹכִי est le pronom emphatique « moi/je ». Le singulier « ton père » précède la triple identification avec Abraham, Isaac et Jacob. מֵהַבִּיט, « de regarder/fixer », exprime la crainte devant la présence divine.

רָאֹה רָאִיתִי associe infinitif absolu et parfait : « voir, j’ai vu », emphase que rendent « j’ai bien/assurément vu ». יָדַעְתִּי, « je connais », répond narrativement au « Dieu connut » de 2,25.

וָאֵרֵד, « je suis descendu », et les infinitifs לְהַצִּילוֹ / לְהַעֲלֹתוֹ articulent descente divine, délivrance et montée d’Israël. זָבַת חָלָב וּדְבָשׁ est litt. « coulant de lait et de miel », formule d’abondance.

לַחַץ / לֹחֲצִים forme une répétition étymologique : « la pression par laquelle ils les pressent ». Cette reprise est visible en Déployée et Littérale.

לְכָה est un impératif « va ». אֶשְׁלָחֲךָ est un imperfectif, ici valeur de mission imminente : « je t’envoie / je t’enverrai ». וְהוֹצֵא est impératif hiphil de יצא : « fais sortir ».

מִי אָנֹכִי, « qui suis-je, moi ? », inaugure les objections de Moïse. Les deux כִּי introduisent ici les conséquences de sa question : aller vers Pharaon et faire sortir Israël.

אֶהְיֶה עִמָּךְ, « je serai avec toi », emploie le même imperfectif אֶהְיֶה qu’en 3,14. Le « signe » est prospectif : le service rendu à Dieu sur la montagne attestera après la délivrance la réalité de la mission.

מַה־שְּׁמוֹ est litt. « quel est son nom ? ». Dans le contexte antique, le nom engage identité, mémoire et invocation ; le texte conduit directement aux formulations des vv. 14–15.

אֶהְיֶה est l’imperfectif première personne de היה, « être/devenir » : selon l’analyse aspectuelle et contextuelle, « je suis / je serai / je me montrerai ». אֲשֶׁר peut être relatif (« qui/ce que »). La traduction « JE SERAI QUI JE SERAI » conserve le lien immédiat avec אֶהְיֶה עִמָּךְ, « je serai avec toi », au v. 12 ; d’autres rendus restent philologiquement discutables et seront examinés en S2/S3.

Et Dieu dit encore à Moïse : « Ainsi tu diras aux fils d’Israël : “YHWH, Dieu de vos pères, Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac et Dieu de Jacob, m’a envoyé vers vous.” Ceci est mon nom pour toujours, et ceci mon mémorial de génération en génération. »

פָּקֹד פָּקַדְתִּי associe infinitif absolu et parfait de פקד : « visiter, j’ai visité ». Selon le contexte, « visiter » signifie ici se préoccuper, intervenir en faveur de. La même formule fait écho à Gn 50,24–25.

וָאֹמַר est litt. « et j’ai dit » ; Clarté explicite la valeur de décision/promesse dans le contexte. אַעֲלֶה, hiphil de עלה, « je vous ferai monter », reprend 3,8.

נִקְרָה עָלֵינוּ, nifal de קרה avec עַל, est inhabituel : « s’est rencontré à/sur nous », d’où « nous a rencontrés / s’est manifesté à nous ». נֵלֲכָה et נִזְבְּחָה sont des cohortatifs : demande de permission « que nous allions... que nous sacrifiions ».

וְלֹא בְּיָד חֲזָקָה est syntaxiquement difficile. Le sens littéral est « et non par/avec une main forte ». On le comprend soit « pas même sous une main forte », préparant l’intervention divine du v. 20, soit contextuellement « sinon sous la contrainte d’une main forte ». Les restitutions exposent cette tension plutôt que de la masquer.

וְשָׁלַחְתִּי אֶת־יָדִי est litt. « j’enverrai ma main », idiome d’intervention puissante ; « étendre ma main » rend la valeur narrative usuelle. נִפְלְאֹתַי : mes merveilles/actions extraordinaires.

חֵן signifie faveur, grâce, bienveillance accordée. רֵיקָם, « vides », signifie ici « les mains vides / sans biens », complément idiomatique explicité en Clarté et Lecture.

שָׁאַל signifie « demander », non nécessairement « emprunter ». וְנִצַּלְתֶּם, piel de נצל, signifie ici « vous dépouillerez » l’Égypte de ses biens ; le même radical peut avoir ailleurs le sens de délivrer selon le binyan et le contexte.

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