Exode 4

Analyse du texte source · restitution Philologique

יַאֲמִינוּ לִי, « ils croiront à moi / me croiront », et יִשְׁמְעוּ בְּקֹלִי, « ils écouteront ma voix », distinguent confiance accordée au messager et obéissance à son message. נִרְאָה est nifal de ראה : « s’est fait voir / est apparu ».

מַטֶּה désigne bâton, verge ou staff. Cet objet ordinaire deviendra le support visible de plusieurs signes et sera appelé « bâton de Dieu » en 4,20.

נָחָשׁ est le terme courant pour serpent. וַיְהִי לְנָחָשׁ, litt. « il devint pour serpent », exprime une transformation réelle dans la scène narrative.

שְׁלַח יָדְךָ est litt. « envoie ta main », idiome « étends ta main ». וַיַּחֲזֶק בּוֹ, « il saisit fortement en lui », emploie חזק, radical qui jouera ensuite un rôle important dans l’endurcissement/raffermissement du cœur de Pharaon.

לְמַעַן introduit le but du signe : susciter la reconnaissance de l’apparition de YHWH. L’identification « Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob » reprend 3,6.15–16.

מְצֹרַעַת dérive de צרע et renvoie à צָרַעַת, catégorie biblique d’affections cutanées/rituelles qui ne correspond pas simplement à la maladie moderne de Hansen. « Blanche comme neige » décrit l’aspect de la main dans le signe.

שָׁבָה, « elle revint », décrit la restauration. כִּבְשָׂרוֹ : « comme sa chair », c’est-à-dire comme le reste de son corps.

Et il arrivera que, s’ils ne te croient pas et n’écoutent pas la voix du premier signe, ils croiront à la voix du signe suivant.

הַיַּבָּשָׁה / הַיַּבֶּשֶׁת désigne le sec/la terre sèche. Le troisième signe anticipe le motif de l’eau du Nil changée en sang développé au chapitre 7.

אִישׁ דְּבָרִים, « homme de paroles », désigne ici l’aisance oratoire. כְבַד־פֶּה וּכְבַד לָשׁוֹן est litt. « lourd de bouche et lourd de langue » ; le texte ne diagnostique pas une affection médicale précise.

פִקֵּחַ signifie voyant/clairvoyant, lié à l’ouverture des yeux. La série oppose capacités et incapacités humaines et attribue ultimement leur réalité à YHWH ; traduire le texte n’implique pas résoudre ici les questions théologiques modernes sur handicap et causalité.

אֶהְיֶה עִם־פִּיךָ, « je serai avec ta bouche », reprend אֶהְיֶה עִמָּךְ de 3,12 et אֶהְיֶה de 3,14. וְהוֹרֵיתִיךָ, hiphil de ירה, « je t’instruirai/enseignerai ».

שְׁלַח־נָא בְּיַד־תִּשְׁלָח est une formule elliptique difficile, litt. « envoie donc par la main que tu enverras ». Dans le contexte des objections, elle signifie vraisemblablement : « envoie quelqu’un d’autre / celui que tu voudras ».

וַיִּחַר אַף־יְהוָה est litt. « le nez de YHWH s’enflamma », idiome de colère. דַבֵּר יְדַבֵּר associe infinitif absolu et imperfectif : forte affirmation de la capacité d’Aaron à parler.

L’image « mettre les paroles dans sa bouche » décrit la médiation entre Moïse et Aaron. La répétition אֶהְיֶה, « je serai », associe la présence divine aux deux bouches.

Et lui parlera pour toi au peuple ; il sera pour toi comme bouche, et toi tu seras pour lui comme Dieu.

Le démonstratif הַמַּטֶּה הַזֶּה, « ce bâton-ci », renvoie au bâton du premier signe. אֹתֹת, « signes », désigne les actes qui authentifient la mission.

Le verset emploie יֶתֶר, Jéther, puis יִתְרוֹ, Jéthro, deux formes apparentées du nom. Le dossier onomastique du beau-père de Moïse (avec Réouël en 2,18) est conservé pour étude ultérieure sans harmonisation. לֵךְ לְשָׁלוֹם, litt. « va pour la paix », est une formule de congé bienveillant.

נֶפֶשׁ signifie ici « vie/personne » : « chercher ta nefesh » = chercher à te tuer. La formule résonne avec le récit de fuite de 2,15.

בָּנָיו est pluriel « ses fils », bien que seul Guershom ait été nommé jusqu’ici. מַטֵּה הָאֱלֹהִים, « le bâton de Dieu », requalifie désormais le bâton de Moïse en instrument de la mission divine.

אֲחַזֵּק, piel de חזק, signifie « je rendrai fort/ferme ». « Endurcir » est un rendu contextuel, mais le radical n’est pas כבד, « rendre lourd », employé ailleurs dans le cycle. Il faudra conserver la distinction lexicale entre חזק, כבד et קשׁה en S2.

בְּנִי בְכֹרִי יִשְׂרָאֵל est une phrase nominale : « mon fils, mon premier-né, Israël ». בְּכוֹר, « premier-né », exprime ici une relation collective et prépare l’opposition avec le premier-né de Pharaon au v. 23.

שַׁלַּח אֶת־בְּנִי, « renvoie/laisse partir mon fils », reprend le verbe שלח du conflit avec Pharaon. וְיַעַבְדֵנִי, « afin/qu’il me serve », articule la sortie d’Égypte au service de YHWH. La menace contre le premier-né répond directement au titre d’Israël au v. 22.

Le passage 4,24–26 est elliptique. Les suffixes masculins de וַיִּפְגְּשֵׁהוּ et הֲמִיתוֹ signifient « le rencontra / le faire mourir », sans nommer explicitement le référent ; Moïse est souvent compris, mais le texte seul laisse une ambiguïté que la Philologique conserve.

צֹר est un silex/pierre tranchante. רַגְלָיו signifie « ses pieds », mais le suffixe ne précise pas avec certitude de qui il s’agit ; « pieds » peut aussi fonctionner comme euphémisme génital dans certains contextes bibliques. חֲתַן דָּמִים, « époux/gendre de sangs », est une expression obscure dont la fonction exacte reste à étudier.

וַיִּרֶף מִמֶּנּוּ est litt. « il se relâcha de lui / il le laissa ». Le sujet n’est pas nommé, généralement compris comme YHWH. לַמּוּלֹת est un pluriel, « pour/à cause des circoncisions » ; le pluriel et la formule rétrospective renforcent l’obscurité du passage.

הַמִּדְבָּרָה porte le hé directionnel : « vers le désert ». וַיִּשַּׁק־לוֹ, « il l’embrassa », marque les retrouvailles avant la mission commune.

דִּבְרֵי יְהוָה peut signifier les paroles de YHWH et, dans la relative, « les paroles avec lesquelles/au sujet desquelles il l’avait envoyé ». Le second objet rassemble les אֹתֹת, « signes ».

וַיַּאַסְפוּ, « ils rassemblèrent », accomplit l’instruction de 3,16. Les « anciens » sont les représentants du peuple dans la rencontre initiale.

Le sujet grammatical de וַיַּעַשׂ, « il fit », est naturellement Aaron, sujet de la proposition précédente, bien que les signes aient été confiés à Moïse. Le récit présente donc Aaron comme exécutant/public porte-parole dans cette scène.

פָּקַד reprend la promesse emphatique פָּקֹד פָּקַדְתִּי de 3,16. וַיִּקְּדוּ וַיִּשְׁתַּחֲווּ associe inclinaison et prosternation, réponse cultuelle à la nouvelle de l’intervention divine.

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