Exode
IntroductionExode 2
Analyse du texte source · restitution Philologique
וַיִּקַּח, « il prit », est la formule habituelle pour prendre une femme en mariage. בַּת־לֵוִי, « une fille de Lévi », indique ici l’appartenance à la lignée lévitique, non nécessairement une fille immédiate du patriarche Lévi.
כִּי־טוֹב הוּא signifie litt. « qu’il était bon ». Dans ce contexte, טוֹב peut qualifier la beauté ou la belle apparence de l’enfant. יְרָחִים, « mois », appartient au vocabulaire lié au cycle lunaire.
תֵּבָה, *tevah*, est le même mot rare que pour l’arche de Noé en Gn 6–9. גֹּמֶא : papyrus/roseau de papyrus. חֵמָר et זֶפֶת désignent les matériaux d’étanchéité, bitume et poix. שְׂפַת הַיְאֹר est litt. « la lèvre du Fleuve ».
לְדֵעָה, infinitif de ידע, exprime le but : « afin de savoir ». מַה־יֵּעָשֶׂה לוֹ est passif : « ce qui lui serait fait », d’où le français idiomatique « ce qui lui arriverait ».
אַמָּה avec suffixe, « sa servante », est la lecture naturelle du texte vocalisé ; une ancienne discussion a proposé « son bras », mais le contexte des נַעֲרֹתֶיהָ, ses jeunes femmes, favorise la servante. Le récit répète תֵּבָה du v. 3.
נַעַר peut désigner un garçon ou jeune homme, mais ici le contexte impose un nourrisson. וַתַּחְמֹל, « elle eut compassion/épargna », exprime le mouvement qui s’oppose au décret de mort de 1,22.
מֵינֶקֶת est un participe hiphil de ינק : « une femme qui fait téter », donc une nourrice. מִן־הָעִבְרִיֹּת : « parmi les femmes hébreues ».
הָעַלְמָה, *‘almah*, désigne une jeune femme/fille en âge de se marier ; le mot ne spécifie pas par lui-même la virginité. Ici le référent est la sœur de l’enfant.
הֵילִיכִי est un impératif hiphil féminin de הלך : « fais aller / emmène ». שְׂכָרֵךְ est le salaire ou la rémunération promise à la nourrice ; l’ironie narrative est que la mère est payée pour allaiter son propre fils.
Le récit rapproche מֹשֶׁה, Moïse, du verbe מָשָׁה, « tirer [de l’eau] », par un jeu étiologique hébreu. Ce jeu narratif ne suffit pas à trancher l’étymologie historique du nom, souvent rapproché aussi de l’égyptien.
Le second וַיִּגְדַּל, « Moïse grandit », saute du sevrage à l’âge adulte. אֶחָיו, « ses frères », marque son identification aux Hébreux. סִבְלֹתָם reprend le vocabulaire des fardeaux de 1,11.
וַיַּךְ, de נכה, signifie « il frappa » ; la mort est établie par le contexte immédiat et par 2,14. כֹּה וָכֹה, litt. « ainsi et ainsi / de-ci et de-là », décrit le regard porté autour de lui.
נִצִּים est un participe nifal/pluriel de נצה, « se quereller/se battre ». הָרָשָׁע signifie « le méchant/coupable » dans la scène ; il désigne ici celui qui frappe son compagnon.
שַׂר וְשֹׁפֵט : « chef/prince et juge ». הַלְהָרְגֵנִי אַתָּה אֹמֵר est litt. « est-ce pour me tuer que tu dis [cela] ? ». נוֹדַע, nifal de ידע, « a été connu / est connu ».
Le verset répète deux formes de ישב : d’abord « habiter/demeurer » dans le pays de Madian, puis « s’asseoir » près du puits. מִפְּנֵי פַרְעֹה est litt. « de devant la face de Pharaon ».
כֹּהֵן peut désigner un prêtre, éventuellement un dignitaire dans certains contextes ; ici la tradition et la suite du récit favorisent « prêtre de Madian ». רְהָטִים : auges/abreuvoirs.
וַיּוֹשִׁעָן, hiphil de ישע, signifie « il les sauva/secourut ». Le vocabulaire du salut apparaît ainsi avant la vocation de Moïse comme libérateur d’Israël. וַיַּשְׁקְ : « il fit boire/abreuva ».
רְעוּאֵל est ici nommé comme leur père. Les rapports entre Réouël, Jéthro et les désignations du beau-père de Moïse constituent un dossier narratif et onomastique à traiter ultérieurement en S2/S3, sans harmonisation silencieuse.
דָּלֹה דָלָה associe infinitif absolu et verbe conjugué de דלה : « puiser, il a puisé », construction emphatique. הִצִּילָנוּ, hiphil de נצל, « il nous a délivrées/arrachées ».
לֶחֶם, « pain », peut par métonymie désigner le repas. La question אַיּוֹ, « où est-il ? », donne au dialogue une vivacité que la Proclamation conserve.
וַיּוֹאֶל, de יאל, exprime le consentement/la décision d’accepter. Le mariage est indiqué par le don de צִפֹּרָה, Séphora, à Moïse ; « pour femme » est explicatif en Clarté.
Elle enfanta un fils, et il appela son nom Guershom, car il dit : « J’ai été résident étranger dans une terre étrangère. »
עֲבֹדָה signifie « service/travail » et, dans ce contexte, servitude. Le mot est répété deux fois dans le verset. שַׁוְעָתָם est un cri d’appel au secours, distinct du simple gémissement נַאֲקָה du v. 24.
וַיִּזְכֹּר אֱלֹהִים, « Dieu se souvint », est un anthropomorphisme narratif : dans le langage biblique de l’alliance, « se souvenir » conduit à agir conformément à l’engagement, non à retrouver une information oubliée.
Et Dieu vit les fils d’Israël, et Dieu connut.