Exode
IntroductionExode 1
Analyse du texte source · restitution Philologique
וְאֵלֶּה, « et voici », rattache le récit à ce qui précède. הַבָּאִים est un participe avec article, « ceux qui viennent/venaient ». אִישׁ וּבֵיתוֹ signifie litt. « un homme et sa maison », c’est-à-dire chacun avec sa maisonnée.
Énumération nominale sans verbe. Les formes françaises traditionnelles des noms propres sont conservées.
Suite de l’énumération des fils de Jacob. Le texte hébreu juxtapose simplement les noms.
Fin de la liste. La coordination hébraïque alterne avec וְ, « et », sans effet doctrinal particulier.
נֶפֶשׁ peut désigner une personne, une vie ou une « âme » selon le contexte ; ici il sert au décompte des personnes. יֹצְאֵי יֶרֶךְ יַעֲקֹב, litt. « ceux qui sortent de la cuisse de Jacob », est un idiome de descendance. Le texte massorétique compte soixante-dix.
La répétition de כָּל, « tout », clôt l’époque de Joseph et de sa génération avant le changement politique du v. 8.
Accumulation de quatre verbes de croissance : פָּרוּ, « furent féconds » ; יִשְׁרְצוּ, « pullulèrent », verbe employé pour l’abondance animale en Gn 1 ; יִרְבּוּ, « se multiplièrent » ; יַעַצְמוּ, « devinrent puissants/nombreux ». בִּמְאֹד מְאֹד redouble l’intensité.
יָדַע, « connaître », peut désigner connaissance factuelle ou reconnaissance relationnelle/politique. Le texte ne précise pas pourquoi ce roi « ne connaissait pas Joseph ».
רַב וְעָצוּם מִמֶּנּוּ peut signifier « plus nombreux et plus puissant que nous » ; selon la valeur contextuelle de מִן, la nuance « trop nombreux/puissant pour nous » reste possible.
נִתְחַכְּמָה, hitpael/cohortatif de חכם, signifie « montrons-nous sages/avisés », ici avec nuance de calcul rusé. וְעָלָה מִן־הָאָרֶץ, « il montera hors du pays », peut viser le départ du peuple ; le sujet reste Israël.
שָׂרֵי מִסִּים désigne des chefs préposés aux corvées/levées. עַנֹּתוֹ, de ענה II, « l’affliger/l’humilier ». עָרֵי מִסְכְּנוֹת : villes de réserves ou d’approvisionnement.
כַּאֲשֶׁר ... כֵּן ... וְכֵן construit une proportion : « plus/autant... plus/autant ». וַיָּקֻצוּ, de קוץ, peut exprimer dégoût, aversion ou effroi oppressant selon le contexte.
בְּפָרֶךְ désigne une rudesse oppressive, un traitement brutal. Le même terme réapparaît à la fin du v. 14 et structure le tableau de l’asservissement.
עֲבֹדָה / עבד répète le champ lexical du « service/travail », qui deviendra central dans l’opposition entre servitude de Pharaon et service de YHWH. חֹמֶר : argile/mortier. בְּפָרֶךְ clôt le verset comme au v. 13.
לַמְיַלְּדֹת הָעִבְרִיֹּת peut grammaticalement signifier « aux sages-femmes hébreues » ou « aux sages-femmes des Hébreues » ; le contexte ne tranche pas à lui seul leur origine ethnique. Les noms שִׁפְרָה et פּוּעָה sont conservés sous leurs formes françaises usuelles.
הָאָבְנָיִם est un duel, litt. « les deux pierres » ; il désigne vraisemblablement un dispositif ou siège d’accouchement, mais l’objet précis demeure discuté. וַהֲמִתֶּן est un impératif causatif : « faites-le mourir ».
יָרֵא אֶת־הָאֱלֹהִים, « craindre Dieu », motive explicitement leur désobéissance au roi. וַתְּחַיֶּיןָ est un piel causatif/intensif de חיה : « elles firent vivre / maintinrent en vie ».
Le v. 18 reprend exactement le verbe causatif חיה du v. 17 : Pharaon constate qu’elles ont « fait vivre » les garçons, formulation que les restitutions plus fluides rendent « laissé vivre ».
חָיוֹת est difficile : litt. « vivantes », souvent compris ici « vigoureuses », éventuellement avec une nuance liée à l’accouchement. Le texte rapporte la réponse des sages-femmes sans commentaire explicite sur sa véracité.
וַיֵּיטֶב אֱלֹהִים, « Dieu fit du bien », exprime une action favorable. Le récit enchaîne immédiatement avec la croissance du peuple, reprenant le thème des vv. 7 et 12.
בָּתִּים, « maisons », peut désigner des maisons matérielles, mais dans ce contexte « établir des maisonnées/familles » est une compréhension traditionnelle et plausible. Le sujet de וַיַּעַשׂ est Dieu, repris du v. 20.
הַיְאֹר, « le Fleuve », désigne ici le Nil. Le décret élargit la politique meurtrière : elle n’est plus confiée aux seules sages-femmes mais à « tout son peuple ». תְּחַיּוּן reprend le causatif de חיה : « faites vivre / laissez vivre ».