Exode
IntroductionExode 21
Analyse du texte source · restitution Philologique
מִשְׁפָּטִים désigne ici des décisions/règles juridiques concrètes. Le terme ouvre ce qu’on appelle souvent le « Code de l’Alliance ».
עֶבֶד peut désigner serviteur ou esclave selon le statut. Ici, achat, propriété et libération réglementée impliquent bien une institution servile antique, tout en distinguant l’‘eved hébreu d’autres formes d’esclavage.
בְּגַפּוֹ signifie probablement « seul, de sa personne ». בַּעַל אִשָּׁה signifie litt. « maître/mari d’une femme », idiome pour un homme marié.
Le verset décrit sans l’atténuer la propriété servile de la femme et des enfants dans ce cadre juridique ancien. Il ne faut pas transformer cette règle en mariage libre au sens moderne.
אָמֹר יֹאמַר est une construction emphatique : « s’il dit clairement / s’il déclare vraiment ». Le choix exprimé s’inscrit dans un système où sa famille peut rester propriété du maître selon le v.4.
הָאֱלֹהִים peut désigner Dieu ou, selon plusieurs interprétations juridiques, l’instance judiciaire devant Dieu. לְעֹלָם est une durée indéfinie/longue selon le registre légal, non nécessairement une affirmation métaphysique d’éternité.
אָמָה est une servante/esclave féminine. Le texte distingue son statut de celui de l’‘eved hébreu masculin du v.2 et lie les versets suivants à une destination matrimoniale potentielle.
Le ketiv/qeré est important : le texte écrit לֹא, « non », tandis que la lecture traditionnelle propose לוֹ, « pour lui ». בגד exprime la déloyauté/rupture d’engagement envers elle.
מִשְׁפַּט הַבָּנוֹת, « le droit/règle des filles », indique un changement de statut vers celui d’une fille de la maison dans le cadre matrimonial évoqué.
שְׁאֵרָהּ est probablement nourriture/entretien ; כְּסוּתָהּ vêtement ; עֹנָתָהּ est plus discuté, généralement compris comme droit conjugal/cohabitation sexuelle.
« Ces trois choses » renvoie normalement aux obligations du v.10. La sortie sans paiement protège la femme contre la privation de ces droits.
מוֹת יוּמָת est la formule juridique emphatique « il sera certainement mis à mort ». Le cas est ensuite distingué de l’homicide non prémédité au v.13.
צדה exprime guetter/préméditer. אִנָּה לְיָדוֹ attribue l’événement non prémédité à une occurrence permise/fait rencontrer par Dieu ; le texte prépare l’institution du lieu de refuge.
זיד exprime agir avec présomption/préméditation ; עָרְמָה la ruse. L’autel n’offre donc pas d’asile au meurtre prémédité.
Et celui qui frappe son père ou sa mère sera certainement mis à mort.
גנב appliqué à une personne signifie enlèvement/kidnapping. Ce verset montre que le même verbe que « voler » peut avoir un objet humain, mais cela ne limite pas Ex 20,15 à ce seul sens.
קלל signifie maudire/traiter avec mépris dans une parole de malédiction. Le texte distingue cette faute verbale de l’agression physique du v.15.
אֶגְרֹף est traditionnellement « poing », mais son sens précis a été discuté. Le cas juridique dépend surtout du fait que la victime survive.
רַפֹּא יְרַפֵּא est une construction intensive : il doit assurer la guérison/les soins. שִׁבְתּוֹ désigne la perte liée à l’arrêt d’activité.
Et lorsqu’un homme frappe son serviteur ou sa servante avec le bâton et que celui-ci meurt sous sa main, il sera certainement vengé.
כִּי כַסְפּוֹ הוּא, « car il est son argent », énonce brutalement le statut patrimonial de l’esclave dans ce droit ancien. Le texte ne nie pas la gravité de la violence mais distingue juridiquement le cas où la victime ne meurt pas immédiatement.
Le passage est philologiquement disputé. וְיָצְאוּ יְלָדֶיהָ signifie litt. « ses enfants sortent » et peut désigner un accouchement provoqué ; אָסוֹן signifie dommage/malheur grave. Le texte ne dit pas explicitement « fausse couche ».
נֶפֶשׁ תַּחַת נָפֶשׁ signifie « vie/personne pour vie/personne ». Le verset introduit la série talionique comme principe de proportion juridique.
תַּחַת signifie litt. « sous / à la place de ». La formule exprime une équivalence/proportion de réparation ou peine ; le verset seul ne détermine pas le mécanisme procédural concret de son application.
La série poursuit le principe de proportion du v.24 jusqu’aux atteintes corporelles non létales.
Le dommage corporel entraîne ici la libération de la personne asservie. שׁחת signifie détruire/ruiner ; תַּחַת conserve l’idée d’équivalence compensatoire.
Le verset étend la règle du v.26 à une lésion moindre : la perte d’une dent suffit à déclencher la libération.
La responsabilité du propriétaire est écartée lorsqu’aucune dangerosité antérieure connue n’est indiquée. Le bœuf lui-même est mis à mort et sa chair interdite à la consommation.
תְּמוֹל שִׁלְשֹׁם, « hier et avant-hier », est un idiome pour une habitude antérieure connue. La culpabilité du propriétaire vient de la négligence après avertissement.
כֹּפֶר est une rançon/compensation substitutive ; פִּדְיֹן נַפְשׁוֹ le prix de rachat de sa vie. Le verset permet donc une commutation de la peine dans ce cas.
Le statut de la victime comme enfant ne modifie pas le principe de responsabilité énoncé aux vv.29-30.
Le paiement est versé au maître de la personne asservie, ce qui reflète explicitement son statut patrimonial dans cette législation antique. Le montant est fixé à trente sicles.
בּוֹר peut être fosse/citerne. Le cas porte sur la responsabilité créée par un danger non sécurisé.
La compensation transfère la carcasse à celui qui paie. Le texte règle donc à la fois indemnisation et propriété de la bête morte.
En l’absence de dangerosité antérieure connue, la perte est partagée entre les deux propriétaires.
שַׁלֵּם יְשַׁלֵּם est emphatique : il devra certainement payer/remplacer. La négligence connue transfère la perte au propriétaire fautif.
Le v.37 prolonge la législation de réparation par une restitution multiple. La numérotation de ce verset correspond à Ex 22,1 dans certaines traditions bibliques non hébraïques.