4 Maccabées

Introduction

4 Maccabées 2

Édition évolutive · en cours de révision · non validée S5 · reformulation contrôlée pour saisir immédiatement le sens discursif · restitution Paraphrase

Même un désir aussi puissant que l’attirance sexuelle n’est donc pas irrésistible : il peut être ressenti sans être obéi.

Joseph ne fut pas exempt de désir ; sa grandeur, selon l’auteur, fut d’avoir laissé son intelligence et sa fidélité gouverner ce désir.

Joseph avait toutes les raisons humaines de ressentir fortement le désir. Pourtant, il ne confondit pas ce qu’il ressentait avec ce qu’il devait faire.

Ce que montre Joseph vaut plus largement : aucun désir n’est, par nature, condamné à devenir notre maître.

Si la Loi interdit la convoitise elle-même, c’est qu’elle suppose que l’être humain n’est pas totalement impuissant devant son désir.

Un commandement n’aurait aucun sens si nous étions entièrement esclaves de nos impulsions. Pour l’auteur, l’existence même de la Loi témoigne donc d’une capacité de maîtrise.

Nos habitudes les plus enracinées peuvent changer. Pour l’auteur, cette capacité d’apprentissage prouve déjà que nous ne sommes pas condamnés à rester les esclaves de nos penchants.

La Loi agit concrètement sur le caractère : même quelqu’un d’avare doit apprendre à prêter gratuitement et à renoncer à une dette lorsque le temps prescrit arrive.

La maîtrise de soi s’apprend aussi dans le champ : la Loi interdit de tout prendre, obligeant celui qui possède à laisser quelque chose pour autrui.

Même les liens les plus sacrés ne doivent pas devenir des absolus : aimer ses parents n’autorise pas à abandonner ce que l’on sait être juste.

Aimer son conjoint ne signifie pas déclarer juste tout ce qu’il fait : la fidélité morale peut exiger de lui résister.

Un parent peut aimer profondément son enfant sans laisser cet amour l’empêcher de nommer le mal et de le corriger.

La vraie maîtrise de soi empêche aussi l’amitié de devenir complicité : on peut aimer un ami et refuser de justifier son mal.

La maîtrise de soi se voit jusque dans la manière de traiter un ennemi : la colère ou la haine ne donnent pas le droit de tout détruire ; la Loi impose encore justice, restitution et secours.

La raison doit aussi gouverner des désirs moins corporels mais tout aussi puissants : vouloir commander, être admiré, se croire supérieur ou envier les autres.

La colère, elle non plus, n’a pas à commander. Elle peut être réelle et forte tout en restant sous l’autorité d’un jugement maîtrisé.

Moïse ressentit réellement la colère, mais il ne la laissa pas prononcer la sentence. Il fit passer son émotion devant le tribunal de la raison avant d’agir.

La maîtrise n’agit pas toujours de la même manière : certaines émotions peuvent être redirigées vers un usage juste ; d’autres doivent simplement être empêchées de produire leur effet.

Jacob a tenu Siméon et Lévi responsables de leur violence. Pour l’auteur, cette responsabilité n’aurait aucun sens si la colère était une force à laquelle personne ne pouvait résister.

La condamnation morale présuppose donc une liberté : nous ne sommes pas entièrement déterminés par notre colère.

Les passions ne sont donc pas, en elles-mêmes, une anomalie : elles appartiennent à la nature humaine créée.

Dans cette image, notre vie intérieure ressemble à un royaume : les passions y sont présentes, mais Dieu a confié le siège de gouvernement à l’intelligence.

La raison ne gouverne pas seule et sans repère : la Loi lui donne la règle selon laquelle ordonner tout le royaume intérieur de la personne.

La même question demeure : si la raison gouverne réellement notre vie affective, pourquoi ne contrôle-t-elle pas aussi tout ce qui arrive à notre esprit ? La distinction sera reprise ensuite.

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