4 Maccabées
Introduction4 Maccabées 11
Lecture publique et écoute · restitution Proclamation
Le quatrième mourut sous les tortures. Alors le cinquième bondit en avant et dit :
« Je ne me déroberai pas, tyran, à la torture endurée pour la vertu !
« Je suis venu de moi-même, afin qu’en me tuant tu accumules encore davantage de fautes devant la justice céleste !
« Haineux envers la vertu, haineux envers les humains ! Qu’avons-nous fait pour que tu nous détruises ainsi ?
« Parce que nous vénérons le Créateur de toutes choses ? Parce que nous vivons selon sa Loi vertueuse ?
« Cela mérite l’honneur, non la torture,
« si seulement tu connaissais le désir humain et portais devant Dieu l’espérance du salut.
« Mais maintenant, étranger à Dieu, tu fais la guerre à ceux qui honorent Dieu ! »
Il parlait encore quand les gardes le lièrent et le traînèrent vers la machine.
À genoux, jambes prises dans le fer, il fut plié autour du coin de la roue ; tout son corps, recourbé comme un scorpion, se disloquait.
Souffle comprimé, corps étranglé,
« Sans le vouloir, tyran, tu nous accordes de beaux dons : par de nobles souffrances, tu nous permets de manifester notre endurance pour la Loi ! »
Le cinquième mourut. On amena le sixième, encore jeune ; le tyran lui demanda : « Mangeras-tu pour être relâché ? » Il répondit :
« Plus jeune par l’âge, oui ; mais par l’intelligence, je suis leur égal !
« Nés pour les mêmes choses, élevés dans les mêmes choses, nous devons mourir aussi pour les mêmes choses !
« Si tu veux torturer celui qui refuse l’impur — torture ! »
Sur ces mots, ils le conduisirent à la roue.
Étendu avec soin, vertèbres disloquées, il brûlait par-dessous.
Ils rougirent des broches aiguës, les appliquèrent à son dos, percèrent ses flancs et brûlèrent ses entrailles.
« Ô combat digne du sacré ! Tant de frères appelés, pour la piété, à l’exercice des souffrances — et nous n’avons pas été vaincus !
« Invincible, tyran, est la connaissance pieuse !
« Armé de noble excellence, je mourrai moi aussi avec mes frères,
« Moi aussi, j’appellerai contre toi un grand vengeur, inventeur de tortures, ennemi des vrais pieux !
« Nous six, jeunes hommes, avons abattu ta tyrannie !
« Tu n’as pu changer notre raisonnement ni nous forcer à manger l’impur : n’est-ce pas là ta défaite ?
« Ton feu est froid pour nous ; tes machines, sans douleur ; ta violence, sans puissance !
« Ce ne sont pas les gardes du tyran qui se tiennent sur nous, mais la Loi divine : c’est pourquoi notre raisonnement demeure invincible ! »