4 Maccabées
Introduction4 Maccabées 10
Lecture publique et écoute · restitution Proclamation
Après cette mort digne de mémoire, on amena le troisième ; beaucoup le pressaient : « Goûte, et sauve ta vie ! »
« Ne le savez-vous pas ? Le même père nous a engendrés, la même mère nous a enfantés, et j’ai grandi dans les mêmes convictions !
Je ne renierai pas la noble parenté de ma fraternité !
« Apportez vos instruments contre mon corps ! Mon âme, même si vous le voulez, vous ne pouvez la toucher. »
Irrités par sa liberté de parole, ils lui disloquèrent mains et pieds, les arrachèrent des jointures et le démembraient.
Doigts, bras, jambes, articulations : tout était tordu.
N’arrivant toujours pas à l’étouffer, ils retirèrent les instruments et lui arrachèrent la peau jusque sur les extrémités des doigts.
Aussitôt à la roue : vertèbres disloquées, chair déchirée, sang coulant de ses entrailles.
Et, près de mourir, il dit :
« Nous, tyran impur, nous souffrons pour l’éducation de Dieu et pour la vertu !
« Mais toi, pour ton impiété et ton meurtre, tu endureras des tortures qui ne seront pas détruites. »
Le troisième mourut comme ses frères ; alors ils traînèrent le quatrième et lui dirent :
« Ne partage pas la folie de tes frères ! Obéis au roi et sauve-toi ! »
« Vous n’avez pas un feu assez brûlant pour faire de moi un lâche !
Par la mort bienheureuse de mes frères, par la ruine éternelle du tyran, par la vie impérissable des pieux : je ne renierai pas ma noble fraternité !
« Invente des tortures, tyran ! Qu’elles t’apprennent que je suis le frère de ceux que tu as déjà torturés ! »
À ces mots, Antiochos — sanguinaire, meurtrier, impur — ordonna qu’on lui coupe la langue.
« Enlève l’organe de ma voix : Dieu entend aussi ceux qui se taisent !
« Voici ma langue : coupe-la ! Tu ne couperas pas notre raisonnement avec elle !
« Pour Dieu, nous acceptons avec joie la mutilation de nos membres !
« Dieu te poursuivra bientôt : tu coupes la langue qui chantait les hymnes divins ! »