3 Maccabées
Introduction3 Maccabées 2
Compréhension immédiate · restitution Clarté
Le grand prêtre Simon, agenouillé devant le sanctuaire et les mains étendues avec dignité, prononça cette prière :
« Seigneur, Seigneur, Roi des cieux et Maître de toute la création, Saint parmi les saints, unique Souverain, Tout-Puissant, regarde-nous : nous sommes accablés par un homme impie et profane, gonflé d’insolence et de puissance.
Car toi qui as créé toutes choses et gouvernes l’univers, tu es un souverain juste : tu juges ceux qui agissent avec violence et orgueil.
Tu as détruit ceux qui autrefois commirent l’injustice, parmi lesquels se trouvaient les géants qui se fiaient à leur force et à leur audace, en faisant venir sur eux des eaux sans mesure.
Tu as brûlé par le feu et le soufre les habitants de Sodome, devenus célèbres par leurs méfaits et leur arrogance, et tu en as fait un exemple pour les générations suivantes.
Tu as éprouvé par de nombreux châtiments le Pharaon audacieux qui avait réduit en esclavage ton peuple saint, Israël, et tu as fait connaître ta puissance et la grandeur de ton autorité.
Lorsqu’il les poursuivit avec ses chars et une foule immense, tu le submergeas dans les profondeurs de la mer ; mais ceux qui avaient mis leur confiance en toi, maître de toute la création, tu les conduisis sains et saufs.
En voyant les œuvres de ta main, ils te louèrent, toi le Tout-Puissant.
Toi, Roi, qui as créé la terre sans limites ni mesure, tu as choisi cette ville et sanctifié ce lieu pour ton nom, toi qui n’as besoin de rien. Tu l’as glorifié par une manifestation magnifique et l’as établi pour la gloire de ton grand nom honoré.
Parce que tu aimes la maison d’Israël, tu as promis que si nous nous détournions, que la détresse nous atteignait et que nous revenions prier dans ce lieu, tu écouterais notre supplication.
Et vraiment, tu es fidèle et vrai.
Souvent, lorsque nos pères ont été opprimés, tu les as secourus dans leur humiliation et délivrés de grands maux.
Mais maintenant, Roi saint, à cause de nos nombreux et grands péchés, nous sommes accablés, soumis à nos ennemis et laissés sans force.
Dans notre chute, cet homme audacieux et profane cherche à outrager le lieu saint établi sur terre au nom de ta gloire.
Car ta demeure, le ciel des cieux, est inaccessible aux humains.
Mais parce qu’il t’a plu de faire demeurer ta gloire au milieu de ton peuple Israël, tu as sanctifié ce lieu.
Ne nous punis pas en nous livrant à leur impureté, ne nous corrige pas par cette profanation, afin que les sans-loi ne se vantent pas dans leur colère ni ne triomphent par l’arrogance de leur langue en disant :
“Nous avons piétiné la maison consacrée comme on piétine les temples des choses abominables.”
Efface nos péchés, disperse nos erreurs et manifeste ta miséricorde en cette heure.
Que tes compassions viennent vite à notre rencontre ; mets la louange dans la bouche de ceux qui sont abattus et brisés dans leur âme, et donne-nous la paix. »
Alors Dieu, qui veille sur tous, le Père saint parmi les saints, entendit cette supplication conforme à la Loi et frappa l’homme qui s’était élevé dans l’insolence et l’audace.
Il le secoua de part et d’autre comme un roseau sous le vent, le jeta à terre sans pouvoir agir ; ses membres étaient paralysés et il ne pouvait même plus parler, frappé par un jugement juste.
Ses amis et ses gardes du corps, voyant le châtiment soudain qui l’avait saisi et craignant qu’il ne perde même la vie, le tirèrent rapidement dehors, eux-mêmes bouleversés par une peur extrême.
Après un certain temps, il reprit ses esprits ; pourtant, malgré cette réprimande, il ne se repentit pas. Il repartit au contraire en proférant de dures menaces.
De retour en Égypte, il augmenta encore sa méchanceté sous l’influence des compagnons de boisson et associés déjà mentionnés, entièrement séparés de toute justice.
Non content de ses innombrables débauches, il poussa l’audace jusqu’à répandre des calomnies dans le pays ; beaucoup de ses amis, observant l’intention du roi, se mirent eux aussi à suivre sa volonté.
Il décida de jeter publiquement l’opprobre sur le peuple. Il fit dresser une stèle près de la tour du palais et y fit graver ce décret :
« Aucun de ceux qui ne sacrifient pas dans nos sanctuaires ne pourra y entrer. Tous les Juifs seront conduits au recensement et placés dans une condition servile ; ceux qui s’y opposeront seront emmenés de force et mis à mort.
Ceux qui seront enregistrés seront marqués au fer sur le corps du signe de Dionysos, une feuille de lierre, puis inscrits dans le statut inférieur déjà fixé.
Afin de ne pas paraître hostile à tous sans exception, il ajouta : « Si certains d’entre eux choisissent de rejoindre ceux qui ont été initiés aux rites, ils auront les mêmes droits civiques que les Alexandrins. »
Quelques-uns, méprisant avec légèreté les exigences de la piété de la cité, se livrèrent facilement, espérant acquérir un grand prestige par leurs relations futures avec le roi.
Mais la plupart tinrent ferme avec une âme courageuse et ne se séparèrent pas de la piété. Ils échangeaient leurs biens contre leur vie et cherchaient sans crainte à échapper au recensement.
Ils demeuraient pleins d’espoir de recevoir du secours. Ils avaient en horreur ceux qui abandonnaient leur peuple, les considéraient comme ennemis de la nation et les excluaient de la vie commune et de l’entraide.