3 Maccabées
Introduction3 Maccabées 2
Nuances du texte source · restitution Déployée
Simon adopte la posture classique de prière : genoux fléchis face au sanctuaire, mains tendues ; εὐτάκτως souligne la dignité et l’ordre du geste.
La prière accumule les titres divins avant de nommer l’agresseur ; πεφρυαγμένος suggère quelqu’un qui écume, s’enfle ou se déchaîne dans sa puissance.
La justice divine est opposée à ὕβρις et ἀγερωχία, deux termes d’excès orgueilleux.
Ceux qui autrefois commettaient l’injustice, parmi lesquels se trouvaient les géants confiants dans leur vigueur et leur audace, tu les détruisis en faisant venir sur eux une eau sans mesure.
Le motif de Sodome sert de précédent judiciaire : les fautes rendues manifestes entraînent une destruction exemplaire.
Le Pharaon audacieux, qui avait asservi ton peuple saint Israël, tu l’éprouvas par de nombreuses sanctions variées, et par elles tu fis connaître ta puissance et l’immensité de ta domination.
Lorsqu’il se lança à leur poursuite avec des chars et une multitude nombreuse, tu le submergeas dans les profondeurs de la mer ; mais ceux qui s’étaient confiés en toi, souverain de toute la création, tu les fis traverser sains et saufs.
La prière résume la réponse d’Israël après la délivrance : contemplation des œuvres divines et louange.
Toi, Roi qui as créé la terre sans limite ni mesure, tu choisis cette ville et sanctifias ce lieu pour ton nom, toi qui n’as besoin de rien ; tu le glorifias par une manifestation magnifique et établis son existence pour la gloire de ton grand nom digne d’honneur.
La promesse combine faute, détresse, retour au sanctuaire et écoute divine ; elle reprend un schéma de prière de consécration du Temple.
La confession πιστός καὶ ἀληθινός fonde l’appel aux promesses précédentes.
La mémoire historique de délivrances récurrentes sert d’argument pour l’intervention présente.
La prière reconnaît une responsabilité collective avant de demander la délivrance ; la soumission aux ennemis est reliée aux péchés du peuple.
Dans notre chute, cet homme audacieux et profane cherche à outrager le lieu saint établi sur terre au nom de ta gloire.
La transcendance est formulée par « ciel du ciel » et ἀνέφικτος, inaccessible ; le Temple n’enferme donc pas Dieu.
Le choix du sanctuaire relève d’une εὐδοκία divine, non d’un besoin ; la gloire est placée parmi Israël.
La demande ne nie pas les fautes d’Israël, mais prie que la correction ne prenne pas la forme d’une profanation qui serait interprétée comme victoire des impies.
« Nous avons foulé aux pieds la maison de sainteté comme on foule les maisons des objets abominables. »
Le verbe ἐπίφανον, « fais apparaître », reprend le vocabulaire de l’épiphanie divine : la prière demande une manifestation immédiate de miséricorde.
La supplication s’achève par trois demandes positives : compassion rapide, restauration de la louange, paix.
L’intervention divine répond à la prière : ἔνθεσμος qualifie la supplication de conforme à l’ordre/la loi, et μαστίζω décrit le châtiment comme une flagellation.
Il le secoua de tous côtés comme un roseau sous le vent, si bien qu’il tomba à terre, incapable d’agir, les membres paralysés et même privé de parole, frappé de toutes parts par un juste jugement.
L’entourage royal interprète immédiatement l’effondrement comme εὔθυνα, sanction ou reddition de comptes, et craint la mort du souverain.
Après quelque temps, revenu à lui, il ne parvint pourtant nullement au repentir malgré la réprimande reçue ; il repartit en proférant d’amères menaces.
Ramené en Égypte, il accrut encore sa méchanceté, soutenu par les compagnons de banquet et les associés déjà mentionnés, entièrement séparés de toute justice.
La persécution est précédée d’une campagne de δυσφημίαι, paroles de mauvais renom ou calomnies, qui entraîne l’alignement de l’entourage sur le projet royal.
Il résolut alors d’exposer publiquement la nation au blâme ; près de la tour, dans la cour, il fit dresser une stèle et y fit graver cette inscription :
λαογραφία désigne un enregistrement de population à portée fiscale et statutaire ; οἰκετικὴ διάθεσις exprime une condition de type domestique/servile.
Le marquage est corporel et religieux : χάρασσεσθαι διὰ πυρός, être incisé/marqué par le feu, avec le κισσόφυλλον, feuille de lierre associée à Dionysos.
L’exemption récompense l’assimilation religieuse : l’initiation aux τελεταί permet l’ἰσοπολιτεία avec Alexandrie.
Quelques-uns, traitant légèrement les exigences de la piété de la cité, se livrèrent volontiers, comme s’ils allaient partager une grande renommée grâce à leurs futures relations avec le roi.
Le coût de la fidélité est économique : ἀντικαταλλάσσομαι exprime l’échange des biens pour préserver la vie et éviter l’ἀπογραφή.
La rupture provoquée par l’apostasie est aussi sociale : exclusion de la συναναστροφή commune et de l’εὐχρηστία, l’utilité ou entraide partagée.