Testament de Ruben
DossierTestament de Ruben 5
Nuances du texte source · restitution Déployée · Texte ancien versifié · S2 · statut canonique distinct
Mes enfants, gardez-vous du désir qui transforme l’autre en objet : les femmes sont ici décrites, selon les catégories antiques du passage, comme moins fortes physiquement mais capables d’attirer par l’apparence et la séduction.
Lorsque la force ne peut imposer son but, la tromperie devient l’autre voie par laquelle le désir cherche à l’atteindre.
Ruben attribue ensuite à un ange une explication de la séduction : le désir naît dans le cœur, l’ornement attire l’intelligence, le regard transmet symboliquement le « poison » de la passion, puis l’autre peut se laisser captiver par son propre consentement.
Cependant une femme ne peut imposer l’acte à un homme dont la volonté refuse de participer ; le consentement de l’homme demeure donc engagé.
Fuyez donc l’inconduite ; demandez aussi à vos femmes et à vos filles de ne pas transformer coiffure ou visage en moyens de séduction, selon les normes ascétiques du passage.
Pour donner une origine mythique à cette dynamique, le texte reprend la tradition des Veilleurs antédiluviens : leur regard répété sur les femmes engendre le désir, puis un projet d’union ; ils apparaissent sous forme humaine afin d’entrer en relation avec elles.
Les femmes sont alors elles-mêmes décrites comme désirant ces apparitions, et le récit rattache à cette rencontre la naissance des géants ; l’image des Veilleurs atteignant le ciel appartient à cette tradition visionnaire et mythologique.