Testament de Juda
DossierTestament de Juda 12
Lecture personnelle fluide · restitution Lecture · Texte ancien versifié · S0 · statut canonique distinct
Deux ans après ces événements, Tamar étant restée veuve, elle apprit que je montais pour la tonte des brebis. Elle se para d’ornements nuptiaux et s’assit devant la ville, près de la porte.
Car, selon une coutume attribuée ici aux Amorrites, la femme qui devait se marier demeurait sept jours près de la porte dans un rite associé à la prostitution.
Comme j’étais ivre près des eaux de Chozéba, le vin m’empêcha de reconnaître Tamar ; sa beauté et l’apparence que lui donnait sa parure me trompèrent.
Je me tournai vers elle et lui dis : “Laisse-moi venir vers toi.” Elle répondit : “Que me donneras-tu ?” Je lui remis mon bâton, ma ceinture et le diadème de la royauté ; je m’unis à elle et elle conçut.
Ne sachant pas ce qu’elle avait fait, je voulus la faire mourir ; mais elle m’envoya en secret les gages et me confondit.
Je la fis alors venir et j’entendis aussi les paroles confidentielles que je lui avais dites lorsque j’avais couché avec elle dans mon ivresse ; je ne pus la faire mourir, car je compris que l’affaire venait du Seigneur.
Je me demandais encore si elle n’avait pas agi par ruse en recevant les gages de quelqu’un d’autre.
Mais je ne m’approchai plus d’elle jusqu’à ma mort, car j’avais commis cette abomination au milieu d’Israël.
Les habitants de la ville disaient qu’il n’y avait chez eux aucune femme accomplissant ce rite ; Tamar, venue d’un autre lieu, n’était restée que peu de temps assise à la porte.
Elle pensait que personne n’avait découvert que j’étais entré auprès d’elle.
Après cela, à cause de la famine, nous descendîmes en Égypte auprès de Joseph.
J’avais quarante-six ans, et je vécus là encore soixante-treize années.