Pseudo-Eupolème
DossierPseudo-Eupolème 1
Analyse du texte source · restitution Philologique · Texte ancien versifié · S5 · statut canonique distinct
Eupolème dit, dans Sur les Juifs d’Assyrie, que la ville de Babylone fut d’abord bâtie par ceux qui avaient survécu au déluge ; ils étaient des géants et construisaient la tour fameuse.
La tour étant tombée par l’action de Dieu, les géants furent dispersés sur toute la terre. À la dixième génération — et, dans l’autre indication conservée, à la treizième — Abraham naquit à Camarine en Babylonie, ville que certains appelaient Urie, interprétée « ville des Chaldéens ». Il surpassait tous en noblesse et en sagesse, découvrit l’astrologie et la science chaldéenne, se porta vers la piété et plut à Dieu.
À cause des commandements de Dieu, Abraham vint en Phénicie et y demeura ; il enseigna aux Phéniciens les révolutions du soleil et de la lune et toutes les autres choses, et plut à leur roi. Plus tard, des Arméniens ayant fait campagne contre les Phéniciens et capturé son neveu, Abraham vint à son secours avec ses serviteurs, maîtrisa les ravisseurs et captura les enfants et les femmes des ennemis.
Des envoyés vinrent auprès d’Abraham afin qu’il reçoive de l’argent et libère les captifs ; il ne voulut pas tirer profit de ceux qui étaient dans le malheur. Il prit seulement la nourriture de ses jeunes hommes, rendit les captifs et fut accueilli auprès du sanctuaire d’Argarizin, interprété « montagne du Très-Haut ».
Abraham reçut des présents de Melchisédek, qui était prêtre de Dieu et roi. Une famine étant survenue, Abraham partit en Égypte avec toute sa maison et y demeura ; le roi des Égyptiens épousa sa femme, Abraham ayant dit qu’elle était sa sœur.
Le roi ne pouvait avoir commerce avec elle, et son peuple ainsi que sa maison furent frappés. Il convoqua des devins ; ceux-ci dirent que la femme n’était pas veuve. Le roi reconnut ainsi qu’elle était l’épouse d’Abraham et la rendit à son mari.
Abraham, vivant à Héliopolis avec les prêtres des Égyptiens, leur transmit de nombreuses choses et leur enseigna l’astrologie et le reste. Il disait que les Babyloniens et lui-même avaient découvert ces connaissances, mais en faisait remonter la découverte à Hénoc, qui avait le premier découvert l’astrologie, et non aux Égyptiens.
Les Babyloniens disent que le premier fut Bélos, qui est Cronos ; de cette lignée vinrent Bélos et Canaan, et Canaan engendra le père des Phéniciens ; de celui-ci naquit Choum, que les Grecs appellent Asbolos, père des Éthiopiens et frère de Mestraïm, père des Égyptiens. Les Grecs disent qu’Atlas découvrit l’astrologie ; Atlas est le même qu’Hénoc. Hénoc eut pour fils Mathusalem, qui connut toutes choses par les anges de Dieu, et c’est ainsi que nous les avons connues.