Pasteur d’Hermas
DossierPasteur d’Hermas 4
Lecture personnelle fluide · restitution Lecture · Texte ancien versifié · S5 · statut canonique distinct
Vingt jours après la vision précédente, Hermas voit une nouvelle scène, donnée comme figure de la détresse qui approche. Il marche seul vers un champ et demande au Seigneur d’accomplir les révélations reçues par l’intermédiaire de son Église, de le fortifier et d’ouvrir à la repentance ceux qui ont été ébranlés. Une voix lui répond : « Ne sois pas partagé, Hermas. » Un peu plus loin, une poussière immense monte vers le ciel. Il croit d’abord à un troupeau, puis comprend qu’il y a là quelque chose de divin. Le soleil perce un instant et révèle une bête énorme, longue d’environ cent pieds, avec une tête large comme une grande tuile ; de sa bouche jaillissent des sauterelles de feu. Hermas pleure et supplie le Seigneur, puis se rappelle l’avertissement contre le doute. Revêtu de la foi du Seigneur, il se livre avec courage au passage. La bête arrive avec un grondement capable de ravager une ville, mais à son approche elle s’allonge à terre, tire seulement la langue et ne bouge plus jusqu’à ce qu’il l’ait dépassée. Sa tête présente quatre couleurs : noir ; rouge de feu et de sang ; or ; blanc.
Trente pas plus loin, une jeune femme vient à sa rencontre, parée comme une épouse sortant de la chambre nuptiale, vêtue de blanc jusqu’aux pieds, avec une coiffe et des cheveux blancs. Hermas reconnaît l’Église. Elle lui dit qu’il a bien échappé au monstre parce qu’il a jeté son souci sur Dieu et ouvert son cœur au Seigneur, persuadé qu’aucun salut n’est possible sinon par son grand et glorieux Nom. Le Seigneur a donc envoyé son ange Thégry, chargé des bêtes, qui a fermé la bouche du monstre. Cette bête est le symbole de la grande détresse qui doit venir. Ceux qui se préparent, reviennent de tout leur cœur au Seigneur, rendent leur cœur pur et servent désormais sans reproche pourront lui échapper. « Jetez vos soucis sur le Seigneur », dit-elle encore, et croyez qu’il peut détourner sa colère. Malheur à ceux qui entendent ces paroles sans leur obéir.
Interrogée sur les couleurs, l’Église explique : le noir est le monde présent ; le rouge de feu et de sang figure sa destruction dans l’épreuve ; l’or représente ceux qui ont échappé à ce monde et qui sont éprouvés comme l’or dans le feu. En supportant cette épreuve, ils rejettent leur scorie, c’est-à-dire leurs afflictions et leurs étroitesses, et deviennent utiles pour la construction de la tour. Le blanc représente le monde à venir, demeure des élus de Dieu, purs et sans tache pour la vie éternelle. Hermas ne doit donc pas cesser de parler aux saints : cette vision leur a donné une figure de la grande détresse à venir, et ils doivent se préparer en gardant en mémoire ce qui leur a déjà été enseigné.