Pasteur d’Hermas
DossierPasteur d’Hermas 23
Lecture personnelle fluide · restitution Lecture · Texte ancien versifié · S5 · statut canonique distinct
Hermas pense : « Heureux serai-je si je marche dans ces commandements. » Le Pasteur lui répond de ne pas hésiter : les commandements sont bons et la repentance est vaine si elle ne conduit pas à marcher en eux.
Il conduit Hermas dans une plaine et lui montre un jeune berger vêtu de couleur safran. Ses brebis semblent vivre dans le luxe, pleines d’allégresse et de bonds, et le berger lui-même est très joyeux avec elles.
« Cet homme est l’ange du plaisir et de la tromperie. Il détourne les serviteurs de Dieu de la vérité par les désirs mauvais.
Ils oublient les commandements du Dieu vivant et se perdent dans les tromperies et les plaisirs vains.
Les brebis qui bondissent représentent ceux qui se sont totalement séparés de Dieu et se sont livrés aux désirs de ce monde ; dans l’image du texte, ils vont vers la mort.
Celles qui paissent sans bondir se sont aussi livrées au plaisir, mais sans blasphémer le Seigneur : elles sont corrompues loin de la vérité, mais l’espérance de repentance demeure. »
Un autre berger apparaît, grand, sauvage d’aspect, portant bâton noueux et grand fouet. Il prend certaines brebis et les conduit dans un terrain escarpé, épineux, où elles sont tourmentées.
Hermas s’attriste ; le Pasteur lui dit que ce berger est « l’ange de la punition », chargé de discipliner ceux qui se sont égarés.
Il énumère comme « épreuves de la vie » pertes, manques, maladies, instabilité, humiliations et autres souffrances.
Ceux qui les subissent peuvent finir par reconnaître leurs mauvaises œuvres, se repentir, servir Dieu avec un cœur pur et interpréter rétrospectivement leur épreuve comme correction.
Hermas demande si la durée de la punition correspond au temps du plaisir. Le Pasteur répond par une arithmétique symbolique : une heure de plaisir est comparée à trente jours de souffrance ; un jour à une année.
Il explique que la jouissance oublie vite ce qu’elle fait, tandis que la souffrance marque longtemps la mémoire, d’où cette disproportion.
Sont nuisibles les plaisirs qui alimentent irritation, adultère, ivresse, médisance, mensonge, cupidité, fraude et vices semblables.
Mais il existe aussi des plaisirs qui sauvent : beaucoup prennent plaisir à faire le bien. Cette joie est utile et procure la vie ; les plaisirs destructeurs, s’ils persistent sans repentance, conduisent à la mort.