Pasteur d’Hermas
DossierPasteur d’Hermas 22
Lecture personnelle fluide · restitution Lecture · Texte ancien versifié · S5 · statut canonique distinct
Tandis qu’Hermas jeûne sur une montagne, le Pasteur lui demande ce qu’il fait.
Hermas répond qu’il jeûne comme d’habitude. « Vous ne savez pas encore jeûner pour le Seigneur, dit le Pasteur. Ce jeûne inutile n’est pas le jeûne plein et agréable à Dieu.
Le vrai jeûne est celui-ci : ne pratique aucun mal, sers le Seigneur d’un cœur pur, garde ses commandements, empêche le mauvais désir de monter dans ton cœur et mets ta confiance en Dieu. Si tu fais cela, tu accompliras un grand jeûne agréable à Dieu. »
Il raconte ensuite une parabole. Un maître confie sa vigne à un serviteur fidèle : « Mets-la en clôture jusqu’à mon retour et ne fais rien de plus. Si tu gardes mon commandement, tu seras libre auprès de moi. » Le serviteur exécute l’ordre puis, voyant les mauvaises herbes, bêche la vigne et les arrache. Le maître revient, constate que le commandement a été gardé et qu’une bonne œuvre a été ajoutée. Il consulte son fils bien-aimé et ses amis et veut faire du serviteur un cohéritier du fils. Plus tard, il lui envoie beaucoup de nourriture ; le serviteur garde le nécessaire et distribue le reste à ses compagnons. Apprenant cela, le maître se réjouit encore davantage.
Hermas demande l’explication. Le Pasteur dit : « Si tu gardes les commandements et ajoutes librement des services bons, tu acquiers une gloire plus grande. »
Il revient alors au jeûne : garde d’abord les commandements, écarte parole et désir mauvais, purifie ton cœur. Le jour où tu jeûnes, ne prends que pain et eau ; calcule ce que ton repas aurait coûté et donne cette somme à une veuve, un orphelin ou une personne dans le besoin. Ainsi ton humilité nourrira quelqu’un d’autre, qui priera pour toi.
Hermas insiste pour recevoir l’interprétation complète.
« Le champ est ce monde ; son maître, celui qui a créé et fortifié toutes choses ; le serviteur est le Fils de Dieu ; les vignes sont le peuple qu’il a planté ; les clôtures sont les anges ; les mauvaises herbes, les fautes des serviteurs de Dieu ; les aliments envoyés sont les commandements donnés au peuple par le Fils ; les amis et conseillers sont les premiers anges créés ; le voyage du maître est le temps restant avant sa venue. »
Hermas s’étonne : « Pourquoi le Fils de Dieu apparaît-il sous la figure d’un serviteur ? »
Le Pasteur répond qu’il n’est pas présenté comme un serviteur sans autorité, mais avec grande puissance : Dieu a planté son peuple, l’a remis au Fils, et le Fils a placé des anges sur lui et purifié ses fautes par son labeur, lui donnant la loi reçue du Père.
Puis vient une formulation plus difficile : « L’Esprit saint préexistant, qui a créé toute la création, Dieu l’a fait habiter dans une chair qu’il voulait. » Cette chair a bien servi l’Esprit dans pureté et dignité, sans le souiller ; parce qu’elle a coopéré fidèlement avec l’Esprit, Dieu, après conseil avec le Fils et les anges glorieux, lui a donné une place de demeure et une récompense.
« Tu as maintenant l’explication de cette parabole. »
Hermas se réjouit et reçoit l’exhortation finale : garde ton corps pur afin que l’Esprit qui y demeure lui rende témoignage. Ne prétexte pas que la chair est corruptible pour la livrer à l’impureté. Quant aux fautes commises auparavant dans l’ignorance, Dieu seul peut leur donner guérison ; désormais garde ensemble chair et esprit purs et tu vivras pour Dieu.