Odes de Salomon

Dossier

Odes de Salomon 38

Reformulation contrôlée · restitution Paraphrase · Texte ancien versifié · S5 · statut canonique distinct

J’ai confié mon chemin à la Vérité ; elle est devenue pour moi lumière, direction et transport jusqu’au but.

Elle m’a conduit à travers des dangers qui auraient pu m’engloutir ou me briser, sans me laisser tomber.

Après le danger, elle me donne un lieu sûr et me fait monter vers une vie que la mort ne domine plus.

La Vérité ne me montre pas seulement une direction puis disparaît : elle marche avec moi et m’empêche de perdre la route.

Rester près de la Vérité et l’écouter m’a gardé à la fois du danger et de l’erreur.

Là où la Vérité avance, l’erreur ne peut demeurer face à elle.

En suivant la Vérité, je n’apprends pas seulement où marcher : je découvre aussi ce que je ne pouvais comprendre auparavant.

La Vérité m’a appris à reconnaître comme mortel ce qui pouvait auparavant paraître séduisant ou doux.

La tromperie se déguise en noce séduisante, mais ce couple ne produit pas la vie : il appartient entièrement à la corruption.

Ce qui semblait séduisant reçoit enfin son vrai nom : tromperie et erreur.

Le danger vient précisément de la ressemblance : ce qui détruit cherche à paraître comme ce qui est aimé et véritable.

Le piège ne ressemble pas à une prison : il ressemble à une fête où l’on boit jusqu’à perdre le discernement.

La conséquence du faux festin est une perte du discernement : ce qui savait juger devient incapable de penser droitement.

Le trompeur ne reste pas pour sauver ceux qu’il a séduits : il les abandonne à la confusion qu’il a produite.

Le plus grave n’est pas seulement d’avoir perdu le discernement, mais de ne plus chercher à le retrouver.

Comprendre le piège m’a empêché d’y tomber ; la vraie joie est venue de ce que la Vérité restait près de moi.

Après l’errance possible, je découvre un fondement qui ne dépend plus de moi : la main du Seigneur.

Je ne suis pas une plante abandonnée : celui qui m’a planté prend aussi soin de ma racine et de ma croissance.

Ce que Dieu plante ne reste ni superficiel ni stérile : cela prend profondeur, hauteur, largeur et fruit durable.

La croissance ne devient pas un motif d’orgueil pour la plante : la gloire revient au Seigneur qui l’a plantée et cultivée.

Son œuvre porte sa marque partout : dans son attention, sa parole qui bénit et sa main qui plante.

Ce qui demeure planté rend visible à la fois sa présence et la sagesse de son dessein. Alléluia.

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