Joseph et Aséneth
DossierJoseph et Aséneth 23
Nuances du texte source · restitution Déployée · Texte ancien versifié · S5 · statut canonique distinct
La nouvelle crise commence par un regard : le fils premier-né de Pharaon aperçoit Joseph et Aséneth en train de passer [depuis la muraille].
Lorsqu’il aperçut Aséneth, il devint comme fou à cause de sa beauté extraordinaire. Il envoya des messagers chercher Siméon et Lévi.
Il commence par valoriser Siméon et Lévi comme des guerriers d’exception ; une expansion textuellement marquée rappelle la destruction de la ville de Sichem et un nombre gigantesque de victimes attribuées à leurs épées.
L’offre mêle corruption et ressentiment : richesse, esclaves, maisons et domaines leur sont promis s’ils prennent son parti. Il présente Joseph comme celui qui l’aurait lésé en épousant Aséneth, qu’il dit avoir reçue auparavant en promesse.
La proposition devient explicitement coercitive : le prince menace de mort ceux qu’il voulait acheter et tire son épée. Le saut de numérotation du grec OCP est conservé sans reconstruction.
Siméon répond presque symétriquement : il tire son arme et veut frapper.
Lévi comprit l’intention de Siméon, car Lévi était un homme prophète qui voyait d’avance ce qui allait arriver. Il pressa du pied le pied droit de Siméon et lui fit signe de calmer sa colère.
Sa justification formule une règle morale à l’intérieur même d’une scène armée : être fils d’un homme craignant Dieu exclut, selon lui, de rendre le mal pour le mal.
Il se tourne ensuite vers le prince sans agressivité, avec douceur de cœur et visage serein, et rappelle l’identité religieuse de sa famille : serviteurs du Très-Haut et frères d’un Joseph aimé de Dieu.
Pour Lévi, participer au complot signifierait donc faire le mal devant Dieu. Il demande au prince d’abandonner ses paroles hostiles.
Cependant, sa non-vengeance ne signifie pas absence de dissuasion : il avertit que leurs épées sont prêtes si le projet persiste.
Ils tirèrent leurs épées de leurs fourreaux et dirent : « Vois-tu ces épées ? Par elles, le Seigneur Dieu a vengé l’outrage commis contre les fils d’Israël par les Sichémites à cause de notre sœur Dina, que Sichem, fils d’Hamor, avait souillée. »
Le prince est terrifié par cette démonstration : il tremble et tombe face contre terre.
Lévi accomplit alors le mouvement inverse : la même main qui pouvait combattre le relève et lui dit de ne pas craindre, à condition qu’il cesse toute parole mauvaise contre Joseph.
Les deux frères partent, laissant le prince vivant mais profondément effrayé.