Apocryphon d’Ézéchiel
DossierApocryphon d’Ézéchiel 1
Lecture publique et écoute · restitution Proclamation · Texte ancien versifié · S5 · statut canonique distinct
Un roi avait enrôlé tout son royaume. Deux hommes seulement restaient à l’écart : un boiteux et un aveugle.
Le roi fit les noces de son fils. Tous furent invités, sauf les deux hommes. Alors ils s’irritèrent : « Vengeons-nous du roi ! »
Le roi avait un jardin. L’aveugle dit au boiteux : « Où était notre part de pain ? Puisqu’il nous a oubliés, vengeons-nous ! »
« Allons ravager son jardin. » — « Je ne peux pas marcher. » — « Et moi, je ne peux pas voir. Trouvons un moyen ensemble. »
Le boiteux tressa une corde : « Viens jusqu’à moi. Porte-moi ; je serai tes yeux, tu seras mes jambes. »
Ils descendirent au jardin. Qu’ils aient détruit ou non, leurs traces les dénonçaient.
Les invités trouvèrent les traces : « Tous sont soldats dans ton royaume ; d’où viennent donc ces empreintes de civils ? »
Le roi demanda à l’aveugle : « Es-tu allé au jardin ? » — « Seigneur, tu sais que je ne vois même pas où je vais ! »
Le roi demanda au boiteux : « Es-tu allé dans mon jardin ? » — « Seigneur, veux-tu me faire souffrir en me rappelant mon infirmité ? » Et le jugement s’arrêta.
Le juste juge remit le boiteux sur l’aveugle : ensemble, ils ne pouvaient plus nier.
« Tu m’as porté ! » — « Et toi, tu as été mes yeux ! »
Comme l’aveugle et le boiteux, âme et corps sont réunis : le jugement porte sur leur œuvre commune, bonne ou mauvaise.