Apocryphon d’Ézéchiel
DossierApocryphon d’Ézéchiel 1
Reformulation contrôlée · restitution Paraphrase · Texte ancien versifié · S5 · statut canonique distinct
Dans un royaume où presque tous servaient le roi, deux hommes restaient à l’écart : l’un ne pouvait marcher, l’autre ne pouvait voir, et ils vivaient séparés.
Quand le roi célébra les noces de son fils, il invita tout le monde sauf eux. Blessés d’être exclus, ils décidèrent de se venger.
Le roi avait un jardin. L’aveugle dit au boiteux : « Nous n’avons rien reçu de la fête ; allons donc toucher à ce qui appartient au roi. »
Le boiteux répondit : « Je ne peux pas marcher. » L’aveugle dit : « Et moi, je ne peux pas voir. » Alors ils comprirent qu’ensemble ils pouvaient faire ce qu’aucun des deux ne pouvait accomplir seul.
Le boiteux fit venir l’aveugle jusqu’à lui avec une corde : « Porte-moi ; tu seras mes jambes, et moi je serai tes yeux. Je te dirai où aller. »
Ils entrèrent ainsi dans le jardin. Peu importe ici l’étendue du dommage : leurs empreintes suffisaient à montrer qu’ils y étaient allés ensemble.
Après la fête, les invités trouvèrent ces traces et avertirent le roi : elles ne pouvaient venir que des deux hommes restés hors du service.
Interrogé seul, l’aveugle répondit avec raison qu’il ne pouvait pas se diriger lui-même.
Interrogé seul, le boiteux rappela qu’il ne pouvait pas marcher. Tant qu’on les considérait séparément, chacun semblait innocent.
Le roi reconstitua alors leur association : il plaça le boiteux sur l’aveugle. Ensemble, ils ne pouvaient plus nier ce qu’ils avaient fait.
En accusant l’autre, chacun révéla sa propre participation : l’un avait porté, l’autre avait guidé.
Il en va ainsi du corps et de l’âme : puisqu’ils ont agi ensemble dans la vie, ils répondent ensemble des œuvres accomplies, bonnes ou mauvaises.