2 Baruch
Dossier2 Baruch 36
Lecture personnelle fluide · restitution Lecture · Texte ancien versifié · S3 · statut canonique distinct
Lorsque j’eus dit ces choses, je m’endormis là et, durant la nuit, je vis une vision.
Une forêt d’arbres était plantée dans une plaine; de hautes montagnes escarpées l’entouraient, et la forêt occupait un vaste espace.
En face d’elle s’éleva une vigne; sous la vigne coulait une source tranquille.
La source atteignit la forêt, enfla en vagues immenses, la submergea, déracina soudain la plus grande partie des arbres et renversa toutes les montagnes qui l’entouraient.
La hauteur de la forêt fut abaissée et les sommets des montagnes humiliés. La source devint si puissante qu’il ne resta de l’immense forêt qu’un seul cèdre.
Elle renversa aussi celui-ci; toute la forêt fut détruite et arrachée, jusqu’à ce que son emplacement même ne soit plus reconnaissable. Mais la vigne avançait avec la source dans un profond calme; elle parvint près du cèdre abattu, qui fut amené auprès d’elle.
Alors la vigne ouvrit la bouche et dit au cèdre : « N’es-tu pas celui qui a survécu à la forêt du mal? C’est par toi que le mal a persisté toutes ces années, tandis que le bien ne venait jamais.
Tu t’es rendu puissant sur ce qui ne t’appartenait pas, sans compassion même pour ce qui était à toi. Tu as étendu ton empire au loin et pris dans les filets de ton injustice ceux qui venaient près de toi. Sans cesse tu t’es élevé comme si tu ne pouvais être déraciné.
Maintenant pourtant ton temps se hâte et ton heure est venue.
Va donc après la forêt qui t’a précédé. Deviens poussière avec elle et que vos poussières se mêlent. Repose maintenant dans la détresse, demeure dans le tourment, jusqu’au dernier temps où tu reviendras pour être tourmenté davantage. »