Identification
L’Apocalypse d’Abraham met en scène le patriarche dans un parcours en deux grandes parties. La première raconte son rejet de l’idolâtrie dans la maison de son père Térah ; la seconde conduit Abraham dans une ascension céleste guidée par l’ange Yahoel.
Datation
La recherche situe généralement l’œuvre dans les premiers siècles de notre ère, mais les propositions précises de date et de provenance restent discutées. Les liens avec la perte du Temple et certaines traditions apocalyptiques sont importants sans permettre, à eux seuls, une datation au niveau de l’année ou de la décennie.
Langue et transmission
L’œuvre est conservée intégralement en slavon. L’introduction Savoy retient comme scénario de travail un original sémitique transmis par l’intermédiaire du grec, mais cette chaîne doit être distinguée des témoins réellement conservés. Les traces directes du Vorlage grec sont extrêmement limitées.
Manuscrits et témoins
La transmission slavonne est donc décisive pour l’établissement du texte. Les rétroversions modernes peuvent aider à étudier un état antérieur, mais elles ne sont pas des manuscrits. Une encyclopédie de référence doit maintenir visible cette différence de niveau documentaire.
Contenu et structure
La division traditionnelle compte trente-deux chapitres. Les premiers chapitres traitent de l’idolâtrie et de la rupture d’Abraham avec les dieux fabriqués. La partie apocalyptique présente Yahoel, l’ascension, le trône, l’histoire humaine, le jugement et la destinée d’Israël.
Contexte historique
L’œuvre dialogue fortement avec Ézéchiel et avec des traditions de vision du trône. Elle se distingue cependant par des tendances anti-anthropomorphiques remarquées par les chercheurs : la manifestation divine est souvent associée à la voix et au feu plutôt qu’à une forme humaine clairement décrite.
Réception
Sa conservation slave a fait de l’Apocalypse d’Abraham un cas central pour l’étude des pseudépigraphes transmis par les christianismes orientaux. Cette médiation chrétienne de la transmission n’autorise pas à résoudre automatiquement la question du milieu de composition initial.
Bibliographie
La bibliographie Savoy comprend G. H. Box, Ryszard Rubinkiewicz et Alexander Kulik. Les travaux sur Yahoel, la vision du trône et la transmission slavonne offrent des contrôles essentiels pour distinguer texte conservé et reconstruction.
Limites et incertitudes
Date, provenance, langue première et étapes rédactionnelles demeurent discutées. Les reconstructions d’un original sémitique ou grec doivent être clairement signalées comme telles et non substituées au texte slavon transmis.