Psaumes
IntroductionPsaumes 9
Analyse du texte source · restitution Philologique
Au meneur. Sur ʿAlmout-labbèn. Psaume de David. [Expression obscure ; probablement indication musicale/mélodique.]
Je rendrai grâce à YHWH de tout mon cœur ; je raconterai toutes tes merveilles. [Début de l’acrostiche alphabétique qui se poursuit au Ps 10 MT.]
Je me réjouirai et j’exulterai en toi ; je psalmodierai ton nom, Très-Haut. [zmr désigne le chant accompagné/la psalmodie.]
Au retour de mes ennemis en arrière, ils trébuchent et périssent devant ta face. [Construction temporelle elliptique : bĕšûb, « quand ils retournent/reculent ».]
Car tu as fait mon jugement et ma cause ; tu as siégé sur le trône, juge de justice. [« Faire le jugement de quelqu’un » = rendre droit/juger sa cause.]
Tu as réprimandé des nations, tu as fait périr le méchant ; leur nom, tu as effacé pour toujours et à perpétuité. [Accumulation de verbes accomplis ; « nom » = mémoire/identité durable.]
L’ennemi : achevées, les ruines, à perpétuité ; et des villes tu as déracinées ; a péri leur souvenir, eux-mêmes. [Verset syntaxiquement compact ; le référent des suffixes est discuté.]
Et YHWH, pour toujours, siégera ; il a établi pour le jugement son trône. [Contraste entre la disparition de l’ennemi et la permanence du règne divin.]
Et lui jugera le monde dans la justice ; il jugera les peuples dans la rectitude. [mêšārîm : droiture/équité, pluriel abstrait.]
Et YHWH sera un miśgāb pour l’écrasé, un miśgāb pour les temps dans la détresse. [miśgāb : hauteur inaccessible, refuge fortifié.]
Et se confieront en toi ceux qui connaissent ton nom, car tu n’as pas abandonné ceux qui te cherchent, YHWH. [Connaître le « nom » signifie connaître l’identité/la réputation révélée de YHWH.]
Psalmodiez à YHWH, qui siège à Sion ; annoncez parmi les peuples ses ʿalilot. [ʿalilot : actes/interventions, souvent avec nuance d’actions remarquables.]
Car celui qui recherche les sangs s’est souvenu d’eux ; il n’a pas oublié le cri des affligés. [dāmîm, pluriel « sangs », idiome du sang versé.] [Critique textuelle : ketiv עניים = pauvres/affligés ; qeré ענוים = humbles/affligés. 5/6Hev1b atteste עניים ; la LXX a τῶν πενήτων, « des pauvres ». Le texte continu suit donc le ketiv, avec forte confiance, tandis que le qeré demeure documenté.]
Fais-moi grâce, YHWH ; vois mon affliction de la part de ceux qui me haïssent, toi qui me fais monter des portes de la mort, [« portes de la mort » : image du seuil du Shéol.]
afin que je raconte toutes tes louanges dans les portes de la fille de Sion ; que j’exulte dans ton salut. [Antithèse poétique avec les « portes de la mort » du v.14.]
Des nations ont sombré dans la fosse qu’elles ont faite ; dans le filet qu’elles ont caché, leur pied a été pris. [Motif sapientiel du piège retourné contre son auteur.]
YHWH s’est fait connaître ; un jugement il a fait ; dans l’œuvre de ses paumes le méchant s’est pris. Higgaïon. Sélah. [Higgaïon : terme liturgique/musical ou invitation à méditer, sens incertain.]
Les méchants retourneront vers le Shéol, toutes les nations qui oublient Dieu. [šuv « retourner » peut suggérer le Shéol comme destination commune de la mortalité.]
Car ce n’est pas pour toujours que le pauvre sera oublié ; l’espérance des humbles ne périra pas à perpétuité. [ʿănāwîm peut désigner les humbles ou les affligés/opprimés.] [Ketiv : « humbles/affligés » ; qeré : « pauvres/affligés ». La nuance sociale change, même si les champs se recouvrent.]
Lève-toi, YHWH ; que ʾenosh ne soit pas fort ; que les nations soient jugées devant ta face. [ʾenosh : humain mortel/fragile, en contraste avec la souveraineté divine.]
Place pour eux, YHWH, morah ; que les nations sachent : ʾenosh, eux. Sélah. [morah : MT probablement « crainte/terreur » ; d’autres vocalisations/traditions comprennent « maître/législateur ».]