Psaumes
IntroductionPsaumes 74
Analyse du texte source · restitution Philologique
Maskil d’Asaph. Pourquoi, ô Dieu, nous as-tu rejetés pour toujours ? Pourquoi ta colère fume-t-elle contre les brebis de ton pâturage ?
Souviens-toi de ton assemblée, acquise autrefois, de la tribu de ton héritage que tu as rachetée, de cette montagne de Sion où tu as demeuré.
Porte tes pas vers ces ruines perpétuelles : tout ce que l’ennemi a ravagé dans le sanctuaire.
Tes adversaires ont rugi au milieu de ton lieu de rencontre ; ils ont placé leurs signes comme signes.
Il se faisait connaître comme celui qui fait monter des haches dans un entrelacs de bois. [Vers très difficile : la comparaison avec des bûcherons est claire dans le contexte, mais syntaxe et valeurs verbales restent incertaines.]
Et maintenant toutes ses sculptures, ensemble, ils les martèlent à coups de hache et de marteau.
Ils ont livré ton sanctuaire au feu ; ils ont profané jusqu’à terre la demeure de ton nom.
Ils ont dit en leur cœur : « Opprimons-les ensemble ! » Ils ont brûlé tous les môʿadê-ʾEl dans le pays. [ninnām est discuté ; môʿadê-ʾEl signifie littéralement « lieux/temps de rencontre de Dieu », probablement sanctuaires ou lieux cultuels.]
Nos signes, nous ne les voyons plus ; il n’y a plus de prophète, et personne parmi nous ne sait jusqu’à quand.
Jusqu’à quand, ô Dieu, l’adversaire outragera-t-il ? L’ennemi méprisera-t-il ton nom pour toujours ?
Pourquoi retires-tu ta main, ta droite ? Du milieu de ton sein : achève ! [Ketiv/qeré et ellipse rendent le dernier impératif abrupt ; l’objet n’est pas exprimé explicitement.]
Pourtant Dieu est mon roi depuis l’origine, lui qui accomplit des saluts au milieu de la terre.
Toi, par ta force, tu as fendu la mer ; tu as brisé les têtes des tannînîm sur les eaux. [tannînîm : grands monstres/dragons marins. Le poème reprend le langage cosmique du combat contre la mer.]
Toi, tu as écrasé les têtes de Léviathan ; tu l’as donné en nourriture au peuple des ṣiyyîm. [ṣiyyîm peut désigner habitants du désert ou créatures du désert. Léviathan appartient ici au même imaginaire du chaos marin que les tannînîm du verset précédent.]
Toi, tu as fendu source et torrent ; toi, tu as asséché des fleuves intarissables.
À toi le jour, à toi aussi la nuit ; toi, tu as établi luminaire et soleil.
Toi, tu as fixé toutes les frontières de la terre ; l’été et l’hiver, toi, tu les as façonnés.
Souviens-toi de ceci : l’ennemi outrage YHWH, et un peuple insensé méprise ton nom.
Ne livre pas à la bête la nefesh de ta tourterelle ; la vie de tes pauvres, ne l’oublie pas pour toujours. [La « tourterelle » figure probablement le peuple vulnérable ; la même idée de vie est reprise par nefesh puis par le second membre.]
Regarde vers l’alliance, car les lieux obscurs de la terre sont remplis de repaires de violence.
Que l’opprimé ne revienne pas couvert de honte ; que le pauvre et le démuni louent ton nom.
Lève-toi, ô Dieu, défends ta cause ! Souviens-toi de l’outrage que l’insensé te fait tout le jour.
N’oublie pas la voix de tes adversaires ; le tumulte de ceux qui se dressent contre toi monte sans cesse.