Nombres
IntroductionNombres 5
Analyse du texte source · restitution Philologique
Formule de parole divine à Moïse ouvrant la réglementation de pureté du camp.
tsara' ne doit pas être réduit automatiquement à la lèpre moderne ; tsara'at couvre des affections rituelles de peau. zav désigne une personne ayant un écoulement. tame' lanefesh = impur à cause d'un mort/cadavre.
La répétition « vous les renverrez hors du camp » insiste sur la séparation rituelle. Le verbe shakhan, « demeurer », est de la même racine que mishkan, la Demeure/tabernacle.
Formule d'exécution : Israël agit exactement selon la parole transmise à Moïse.
Nouvelle formule de parole divine introduisant la restitution pour faute envers autrui et envers YHWH.
ma'ol ma'al redouble la racine m-'-l : commettre une infidélité, un détournement ou une faute grave. La faute humaine est formulée simultanément comme atteinte à YHWH.
hitwaddu = ils confesseront. rosh désigne ici le principal, le montant de base à restituer ; un cinquième est ajouté à la restitution.
go'el est le proche-rédempteur ou ayant droit familial. En absence d'ayant droit, la réparation revient à YHWH par le prêtre, en plus du bélier de kippur/expiation.
terumah est une contribution/prélèvement consacré. Ce qui est apporté au prêtre parmi les choses saintes lui revient.
Le double usage de « à lui » distingue les choses saintes appartenant à leur propriétaire jusqu'au don et ce qui, une fois donné au prêtre, appartient au prêtre.
Nouvelle formule de parole divine introduisant la procédure dite « torah des jalousies ».
satah signifie dévier/s'écarter ; ma'al reprend le vocabulaire d'infidélité. Le texte envisage une épouse soupçonnée d'adultère par son mari.
shikhvat-zera' est litt. « couche de semence », idiome explicite pour une relation sexuelle. La situation décrite suppose absence de témoin et absence de flagrant délit.
ruaḥ qin'ah est litt. « souffle/esprit de jalousie ». Le texte prévoit deux cas : culpabilité réelle ou innocence de la femme ; la procédure est déclenchée par la jalousie du mari, pas par une preuve.
qorban = offrande ; un dixième d'épha de farine d'orge est présenté sans huile ni encens. minḥat qena'ot = offrande de jalousies ; minḥat zikkaron = offrande de mémorial rappelant la faute.
Le prêtre fait approcher la femme et la fait se tenir lifne YHWH, « devant YHWH », position rituelle et judiciaire.
mayim qedoshim = eaux saintes ; le vase est en terre. De la poussière du sol du tabernacle est mise dans l'eau.
para' et-rosh ha'ishah peut signifier défaire/libérer la chevelure, découvrir ou laisser en désordre ; le sens rituel exact est discuté. Les « eaux amères qui maudissent » restent dans la main du prêtre.
Le prêtre fait jurer la femme. La formule conditionnelle commence par le cas d'innocence : si aucun homme n'a couché avec elle et si elle n'a pas dévié, elle est déclarée indemne des eaux.
La seconde branche de la formule vise l'adultère : le texte reprend satah, « dévier », et l'idiome sexuel de la « couche » mise en elle par un autre homme.
shevu'at ha'alah = serment de malédiction. yarekh, « cuisse », peut fonctionner comme euphémisme de la région génitale/reproductive ; la formule « faire tomber la cuisse » demeure anatomiquement incertaine.
La malédiction associe gonflement du ventre et chute de la yarekh. La réponse « amen, amen » est un assentiment solennel redoublé.
Le prêtre écrit les malédictions bassefer, sur un document/rouleau, puis les efface dans l'eau amère : le texte écrit entre matériellement dans le rite.
Les eaux sont dites hammarim hame'arerim, « amères, celles qui maudissent ». Elles entrent « pour des amertumes », formulation intensive.
henif signifie faire balancer/présenter rituellement l'offrande devant YHWH avant de l'approcher de l'autel.
'azkarah est la part mémoriale de l'offrande, prise en poignée et brûlée sur l'autel avant que la femme ne boive l'eau.
Si la femme s'est rendue impure et a commis ma'al, la formule reprend les effets du vv.21-22. Le texte ne permet pas de préciser davantage le mécanisme physiologique ; la traduction conserve l'indétermination.
niqetah = elle sera quitte/indemne. wenizre'ah zara', litt. « elle sera ensemencée de semence », indique la possibilité d'une descendance/fécondité.
torat haqqena'ot signifie « instruction/loi des jalousies ». torah est ici une procédure cultuelle et judiciaire spécifique, non un nom abstrait du Pentateuque entier.
Le cas est reformulé : un ruaḥ qin'ah saisit l'homme, la femme est placée devant YHWH et le prêtre exécute toute la procédure prescrite.
niqqah me'awon = être quitte de faute. La conclusion place la 'awon sur la femme dans le cas visé par la procédure ; le texte reflète une institution juridique ancienne et asymétrique, que la traduction décrit sans l'étendre en norme contemporaine.